J'ai suivi la websérie à ses débuts, où Moussa Maaskri, que j'apprécie beaucoup, jouait les flics ripoux et plus ou moins le père de substitution-éducateur de rue-coach-grand-frère-initiateur des deux allumés, Nono et Karim, lesquels me faisaient bien marrer parce qu'il y avait dans leur jeu de la déconnade spontanée, des situations grotesques, des personnages secondaires intéressants, le tout avait un petit côté Laurel et Hardy version wesh-wesh des quartiers nord.
Nono et Karim étaient inconnus, ces premières saisons de websérie pouvaient passer pour un jeu improvisé devant trois caméras tombées du camion tenues par des potes de cité, avec des guests convaincus de rejoindre le trip par le cousin du beau-frère du neveu de la tata, passé par les Baumettes, qui aurait connu Moussa en culottes courtes et Soprano dans la poussette Bébé-Confort poussée par sa môman.
Puis les deux ont commencé à se prendre au sérieux. Le fric avait dû débouler. Les films de racailles étant devenus à la mode, Nono et Karim surfaient sur l'air du temps. Le fric et les promesses qui vont avec (rôle dans quelque téléréalité, il me semble avoir entendu parler de business d'influenceurs...). La websérie a commencé à suer la connerie lourde. N'ayant plus la télé depuis la fin du XIXème siècle, j'ai eu l'impression de me taper une daube en prime-time sur W9, et je suis passé à autre chose. Cela remonte à quelques années.
L'autre jour je tombe sur ce "film" en streaming, que j'ai visionné jusqu'à l'apparition d'Hanouna en commissaire-priseur. No more comment. J'avais déjà flippé à la vue de Foucault puis de Gastaldi l'acéphale. J'ai l'humour facile et ma philosophie en la matière est que peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. Là, j'ai pas ri une seconde. J'ai eu l'impression de suivre un docu sur les agissements de deux demeurés. Exit les Déguns, et dommage pour l'image qu'ils donnent de Marseille qui, malgré ses quartiers nord, vaut bien mieux que ça.
On avait Gastambide, Ladj Li, Guillaume Pierret, Romain Gavras, Olivier Baroux, on a Zidi Junior. Nanarland étend son territoire au pays de l'exception culturelle.