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le 1 sept. 2016
Je m’étais toujours refusé de voir les suites de Jaws tant le premier film est parfait. Et puis j’avais vu défiler ces horrifiques images de Michael Caine, de jet skis qui s’engouffrent dans des incrustations dégueulasses, et autres parcs aquatiques infestés, sans savoir à quel épisode elles se prêtaient. Et puis le podcast Monster Squad a fait une émission sur le requin le plus célèbre qui soit, et semblait défendre ce second volet, pas aussi infâme que les suivants. J’ai donc sauté dedans à pieds joints.
Il y a plusieurs choses qui frappent d’emblée. D’abord cette impossibilité pour le français Jeannot Szwarc (à la filmographie terrifiante) de ne pas souffrir de la comparaison avec l’œuvre de Spielberg, et de donc se retrouver à le singer sans succès : là un reaction shot sur Brody lorsqu’il découvre l’orque morte mais qui ne fonctionne pas puisque le spectateur a déjà vu ce que le personnage contemple, ici un plan insistant sur la bouée qui voyait la première victime du film originel… Il y a ensuite cette incohérence totale d’un retour de Brody, thalassophobe patenté qui aurait logiquement fuit l’île avec sa famille illico après les événements du premier volet. On a également la présence d’une surenchère permanente, qui va de la scène du ski nautique qui part en explosions à gogo à des jumpscares putassiers dans tous les sens (là où chez Spielberg il n’y en avait qu’un, vraiment inattendu).
Mais passé ces affres, il faut reconnaître à Jaws 2 qu’il arrive in fine à se démarquer de son modèle par une approche différente. Car il était de toute évidence impossible de remplacer Quint et Hooper, la mission était vouée à l’échec. Que malgré le retour de John Williams à la bande-son, il serait compliqué de renouveler avec le souffle d’aventure qui irriguait en profondeur le premier volet.
Non, il fallait prendre une direction différente, et c’est finalement celle d’un proto-slasher qui est choisie. Car on retrouve ici tous les codes d’un genre qui n’était pas encore formalisé, la démocratisation du genre par Halloween se faisant cette même année 1978.
Par ce groupe d'adolescents que l’on va amenuiser au fur et à mesure, par les jumpscares susmentionnés, et en commençant par le mec qui veut tremper le biscuit et en continuant par la figure de la babysitter (celle qui prend le Sean, le gamin, sur son bateau).
Par cette idée con, à priori issue du bouquin, qui veut que le nouveau requin soit là pour se venger de la mort de celui du premier film, et par sa scarification qui viennent retirer le côté animal de la menace pour un anthropomorphisme psychologique de la menace, en faisant un véritable boogeyman.
On peut louer cette tournure qui pour le coup s’éloigne de l’original.
Mais bon, si Jaws 2 se démarque en étant un slasher, il n’est pas non plus un très bon slasher. Si on y voit plus la vie sur l’île que dans le film de Spielberg, on y voit également un abus de placements de produits (jusqu’à qualifier le Jack Daniel’s de “the good stuff”). On ne croit pas non plus au scepticisme/j’m’en foutisme capitalistique du maire qui fait écho au scénario du premier film. Et l’écriture des personnages manque clairement de substance, n’en faisant que de la chair à canon, et avec pour seule réussite la reproduction de ce qui faisait déjà tenir Brody dans le précédent opus (et donc sans évolution).
C’est finalement un divertissement léger mais honnête, qui se pare d’un requin vraiment bien foutu, d’une direction nouvelle louable, et évite ainsi la comparaison de tous les instants. Ça ne casse pas trois nageoires à un squale, mais ça fait le boulot. Par contre, je sais désormais que ces images nanardesques qui me traversaient jusqu’alors l’esprit viennent des épisodes 3 et 4 que je ne regardais probablement pas (ou alors avec des bières).
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