On a souvent réduit ce film à une oeuvre "crépusculaire", un film teinté d'une atmosphère de mort imminente. Même si Marilyn Monroe, Montgomery Clift et Clark Gable connaîtront la mort après le tournage, il ne faut pas réduire le film à ça, même si cet hasard augmente la puissance de l'oeuvre de John Houston.
Les désaxés ce sont quatre personnes qui n'arrivent pas à vivre heureux, excepté lorsqu'ils sont ensembles. L'un veuf, l'autre maintes fois divorcée et le dernier, vieilli. Ces quatre personnages (incarnés par des acteurs au top de leur talent) nous offrent des scènes d'anthologie lorsqu'ils prennent du bons moment ensemble. Notamment celle où, dans la maison de campagne, ils dansent et chantent avant qu'une Marilyn Monroe soûle erre dans le jardin, sous un arbre, dans un noir & blanc crépusculaire justement. Enfin elle revit sous nos yeux, la grâce de sa danse improvisée illustre tout son bonheur.
Plus que de mettre en scène quatre cas sociaux, John Huston film comme jamais son histoire. Son film est techniquement parfait, les décors, la musique et la lumière lui donnent une force de ton incroyable. Et jamais Marilyn Monroe nous est apparue aussi belle que quand elle joue une pauvre femme éperdue aux faiblesses explicites. En plus de toutes ses qualités, Les Désaxés a le mérite de mettre le plus en valeur la plus belle femme de l'histoire du cinéma. C'est beau et enivrant, les acteurs sont magnifiques, la photo superbe... un des plus beaux (esthétiquement) films hollywoodiens de l'histoire.