Sur un sujet que je ne connaissais absolument pas (les orphelins originaires de Prusse-Orientale cherchant à émigrer vers la Lituanie), Rick Ostermann signe un film aussi dur que réaliste, ne cherchant jamais à édulcorer la violence dont ont été victimes ces orphelins, sur lesquels les soldats n'hésitaient pas à tirer dessus s'ils les croisaient sur leur route, amenant quelques situations assez intenses émotionnellement. De plus, visiblement adepte de Terrence Malick, le réalisateur s'offre régulièrement des plans lumineux pour livrer un véritable hymne à la nature, trouvant parfois des angles, des cadres de tout beauté.
Dommage que si vous n'êtes pas familier avec la période, cela manque quelque peu de contextualisation historique et d'explications, même si, au vu des choix narratifs opérés, ce n'était pas évident non plus. En définitive, je trouve que tout se justifie, le scénario n'ayant pas à donner d'explications vis-à-vis du comportement des uns et des autres, surtout avec des personnages aussi jeunes et donc, par définition, imprévisibles, globalement fort bien incarnés (mention pour l'excellente Helena Phil). N'empêche, on aurait quand même aimé en savoir plus sur certains d'entre eux, même s'il est évident que c'est avant tout l'histoire de Hans et que c'est donc son parcours que l'on suit exclusivement.
Dénouement un peu trop ouvert également, comme si Ostermann n'avait pas su conclure après avoir fait un choix fort et pour le coup très pertinent une minute auparavant. Bref, si j'aurais aimé en dire encore plus de bien, « Les Enfants-loups » reste un récit fort et éclairant sur un chapitre complètement méconnu en France, aux choix suffisamment audacieux pour que l'on s'y aventure au moins une fois.