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Super Serrault
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le 17 févr. 2014
Claude Chabrol a adapté le roman éponyme de Georges Simenon. Pour l'avoir reparcouru afin d'établir cette recension, je peux dire que Chabrol a respecté plutôt strictement le roman. Un détail qui, à mon avis, n'a pas d'importance, c'est que Chabrol a transposé l'action à Concarneau alors que le roman se déroule à la Rochelle.
L'idée de base du roman est une étude de caractères dans une ville de province. Un bourgeois bien établi, chapelier ayant pignon sur rue, qui a une vie réglée, qui va faire son bridge tous les soirs avec d'autres bourgeois de la ville, cache une sinistre réalité. Il la cache d'autant mieux qu'il se sent en pleine maîtrise de la situation et en totale impunité. D'ailleurs, Grand Dieu, qui donc pourrait le soupçonner, lui qui s'appelle M. Labbé ? Pas ce minus de Kachoudas, misérable tailleur d'origine étrangère, qui, lui, a compris le personnage du chapelier et son épouvantable secret ! Et heureusement pour M. Labbé, Kachoudas (il n'a pas droit au "monsieur", lui) qui s'évertue à le suivre, va tomber malade et mourir conservant par devers lui, ce qu'il sait.
Bon, j'arrête ici mon "spoilage" pour commenter ce que je pense du film. La base du film (comme celle du roman, d'ailleurs) est un formidable terreau avec ces personnages examinés à la loupe, placés dans un contexte qui promet d'être gratiné entre cette bourgeoisie satisfaite de son sort et les autres, anonymes, traités de haut, avec arrogance, qui servent, nettoient, torchent…
Et au bout de deux heures (un peu plus, pour le roman …), on a envie de dire : et alors ? c'est tout ? À quoi, diantre, a servi le personnage de Kachoudas qui va mourir pour rien, qui va s'éteindre comme on souffle une bougie, qui a juste apporté le malheur aux siens, ce dont tout le monde se contrefout bien ? Alors qu'on serait en droit de s'attendre à des rebondissements de l'action du genre "Kachoudas coupable", ou au contraire "Kachoudas vengeur", pire "sus aux étrangers", ou encore "M. Labbé, trop sûr de lui, qui se plante", "une histoire de chantage", que sais-je ?
Non : aucun suspense d'autant qu'on a, à peu près, tout compris au bout d'un quart d'heure de projection sur les deux heures du film.
Rien de tout ça et pourtant la distribution est fameuse et laissait espérer. Chabrol nous met les petits plats dans les grands avec Michel Serrault excellent dans le rôle ambigu et détestable du chapelier. Sympa avec les bourgeois, ignoble avec la valetaille, méprisant avec le tailleur (qui n'est même pas de chez nous, je l'ai déjà dit)
Pareil avec le personnage de Kachoudas interprété avec justesse par Charles Aznavour. Avec d'autant plus de justesse qu'il se sentait, sans doute, revivre une vie d'exilé arménien mille fois vécue à son arrivée en France.
Même les seconds rôles sont très bons : il y a celui tenu par Aurore Clément dans le rôle de la belle femme qui ne partage ses faveurs qu'avec ces messieurs de la bonne bourgeoisie. Sans oublier Monique Chaumette en fantôme de l'épouse du chapelier, François Cluzet le journaleux qui fait partie du cercle et par conséquent tourne en rond, Mario David en commissaire qui n'en pane pas une dans son enquête sur les crimes en série …
Oui, je confirme bien, le roman comme le film de Chabrol ont bien failli être excellents parce que presque tout y était. Et tout était dans le presque.
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Créée
le 23 janv. 2026
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