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le 12 oct. 2011
SuivreÉternel René Clément
Je ne me lasserai définitivement jamais de ce film , non pas pour son côté thriller hitchcockien, un brin ridicule et étiré, mais grâce à la réalisation virtuose de René Clément, d'une modernité...
Les Félins est le troisième des quatre films de René Clément avec Alain Delon, et sans doute le meilleur. Si Plein soleil, le premier grand film de Delon, était déjà une réussite, quatre ans ont passé, et on voit toute la différence. En quatre années, il a déjà tourné nombre de ses films les plus mémorables, dont Rocco et ses frères et Le Guépard de Visconti, et il a largement étoffé son jeu. Il n'est plus seulement une belle gueule un peu taciturne comme dans Plein Soleil, même si elle reste la corde principale de son arc, il se permet d'aller dans toutes les palettes de jeu, du ridicule comique lorsqu'il fait montre d'insolence ou quand il se déguise en malade, à la panique tragique, pourchassé par des gangsters ou essayant de sauver son amante. Et je ne parle même pas de Jane Fonda, déjà splendide de talent et avec qui il forme un couple des plus mémorables, et incongrus.
Si les acteurs sont incroyables, que dire du scénario. Il part de façon très classique avec une chasse à l'homme sur fond de film de gangsters, pour s'achever sur un drame amoureux et policier qui met du temps à se dénouer. La construction narrative, avec des jeux d'indices, de miroir, de répétitions et d'avertissements, est parfaite. Les personnages changent constamment de rôle dans l'histoire : Marc, de pourchassé à enquêteur puis prisonnier ; Melinda de jeune fille naïve à stratège hors pair ; Barbara de manipulatrice à victime. On regrettera seulement quelques facilités scénaristiques, mais qui ne gâchent en rien le plaisir.
Deux mots pour finir. La musique de Lalo Schifrin donne une touche américaine à cette histoire méditerranéenne, il en résulte une ambiance rythmée et chaleureuse malgré le propos du film. Et parmi les assistants-réalisateurs il y avait quand même Costa-Gavras ! Bref, un film audacieux, moderne et sans aucun temps mort : une perle dans la filmographie de Delon.
Créée
le 12 déc. 2024
Critique lue 12 fois
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le 12 oct. 2011
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