Des choses à dire sur ce film

McQueen. Swayze. Estevez. La jaquette de Terminal Gang (titre non contractuel) aligne les grands noms. Les prénoms qui vont avec, on les découvre au générique. On s’en doutait un peu mais, voilà, ce ne sera pas Steve, ni Patrick, ni Emilio, mais leurs fils/frère/oncle à savoir Chad, Don et Joe... Une belle brochette malgré tout : les deux premiers cabotinent mollement les ados attardés, le troisième, qui a complètement lâché prise, passe les trois quarts de son temps derrière son bureau a essayer de faire passer pour de la concentration d’enquêteur la mine qu’il affiche à la perspective du bon repas qui l’attendra en rentrant à la maison le soir. Dans un cas comme dans l’autre, c’est plutôt fun... mais moins que la VF assez perchée dont est doté le film.

Parce qu’il ne faut pas compter sur John Sjogren pour être remué. Le maximum qu’il fera pour dynamiser son histoire de jeunes dont les années lycée ne sont pas très loin derrière (oui, oui, c’est comme ça que sont posés les personnages incarné par Don Swayze (35 ans à l’époque) et Chad McQueen (33 ans)) qui dilapident de la manière la plus stupide qui soit le magot d’un truand qui va inévitablement se lancer à leurs trousses, c’est de jouer, en ouverture, avec des ralentis et des effets d’images distordues pour symboliser la spirale de violence dans laquelle vont s’enfoncer les personnages et accessoirement saupoudrer son film d'un peu d’érotisme de comptoir dont un passage erotico tarte assez gênant impliquant le frangin Swayze, un bain moussant et au moins un roller. Les flambeurs a.k.a Terminal Gang, c’est mou. Mais mou.

Après, on peut s’amuser de voir l’enquête piétiner et le lieutenant Ford (Joe Estevez) en mode Harrison Yates dans Le Don incroyable de Cartman visionner en boucle une vidéo de surveillance ostensiblement bidouillée en fronçant les sourcils très fort parce qu’il sent bien qu’il y a quelque chose qui cloche ; de voir Kevin (Jerry Spicer), le pote par qui les embrouilles arrivent, porter sa casquette de vigile à l’envers parce qu’on est dans les années 1990 et que c’est le summum de la coolitude ; de voir que la planque dans la bagnole du bandit consiste en un gros tiroir de morgue inséré contre toute logique dans sa portière... Mais c’est pas ça qui va éviter aux spectateurs et spectatrices de sombrer dans un gros sommeil réparateur. Non, ce qui va permettre de tenir devant Les flambeurs c’est sa VF régulièrement inepte dont on ne sait pas si elle est fidèle à un délire original ou si elle est le fruit de la licence artistique de doubleurs crevés et en roue libre.

Déjà, chaque scène impliquant le vieux vigile est un bonheur. Non seulement, il est affublé d’une voix rappelant celle de Sancho dans les Mystérieuses cités d’or mais il donne en plus l’impression d’être en constante improvisation avec des bafouillages et enchaînements du type « mais enfin arrête oooh mais Kevin, non, mais, tu la regarderas plus tard, Kevin voyons » lorsque ledit Kevin se sert de l’équipement audiovisuel pour mater de la meuf... récriminations conclues sans crier gare par un « bon faut que j’aille pisser. » Son entretien plus tard dans le film avec le lieutenant Ford est lui aussi à pisser de rire. Les transitions abruptes sont d’ailleurs légion, la palme revenant à « (un des héros à son pote) Kevin est mort. Ils l’ont trouvé dans le désert avec une balle dans la tête, ils ont conclu au suicide... - (coup d’un soir ou deux d’un des héros) Il faut que je me lave. »

Autre motif de réjouissance, cette délicieuse touche d’absurdité introduite par les mensonges réguliers du tandem de branleurs à leur entourage, qui semble en VF avoir été poussée à l’extrême avec tout un délire autour du commandant Cousteau ; d’un certain Théo dont « le père [...] est en colère, c’est un iranien qui a des problèmes avec le monde arabe » ; et aussi lors des échanges réguliers avec une connaissance de la famille, de voiture à voiture, à un feu dont est tiré l’extrait suivant :

« Il nous fallait une voiture banalisée... parce que les ninjas sont méfiants.

_ Les ninjas ?!

_ Ce sont des gars redoutables. On ne sait toujours pas comment ces gars... se nourrissent... mais ils mangent des joints. C’est pour ça qu’on doit les punir.

_ (rires) Mmmh vous êtes des rigolos. "

Les flambeurs c’est globalement assez chiant voire douloureux en termes de photographie, de réalisation, de montage, mais plus on s’accroche plus on tombe régulièrement sur des passages d’une stupidité vraiment lumineuse. Avis aux amateurs courageux et/ou bien accompagnés.


Hum... ce film ne compte assez d'ingrédients pour jouer au bingo avec une grille de 36 cases, mais voilà quand-même les 26 ingrédients repérés


Personnage > Agissement

Course-poursuite > Renverse une pile de... – Émotion > Pique une crise de nerf – Interprétation > Tourne frénétiquement le volant alors que la route est droite... – Oups ! > Décroche le téléphone et lance des invectives, avant de se rendre compte que c’est injustifié – Stylé > Range des trucs dans son soutif

Personnage > Citation

Commente > "Putain, les femmes..." / « Ah, les bonnes femmes » – Prévient > « Fais pas le con ! »

Personnage secondaire

Foule qui se jette sur des billets éparpillés dans un espace public

Réalisation

Course-poursuite > Gros plan du pied sur la pédale d’accélération ou de freins – Grammaire > Ralentis injustifiés et insupportables – Gros plan > Douilles qui tombent aux pieds d’un personnage en train de mitreiller

Réalisation > Accessoire et compagnie

N’importe quoi > Explosion injustifiée – Stylé > Valise pleine de billets

Réalisation > Audio

Bruit incongru d’objet – Bruit exagéré > Balles qui ricochent contre du métal – Bruit exagéré > Coups donnés lors d’un combat au corps-à-corps

Scénario > Blague, gag et quiproquo

Calembour

Scénario > Contexte spatio-temporel

Boîte de nuit – Séance d’entraînement au stand de tir

Thème > GI Joe

Ordonne > « À toutes les unités »

Thème > N’importe quoi

Audio > Bruit de pneus qui crissent sur le sable – Course-poursuite > Enlève ce qu’il reste du pare-brise avec son pied

Thème > Rejets, moqueries ou discriminations

Grossophobie

Thème > Sexisme hostile à l’égard des femmes

Objectification sexuelle > Nichons, fesses – Objectification sexuelle > Reluque une femme – Objectification sexuelle > Tenues légères

---

Barème de notation :

1. À gerber

2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées

3. On s'est fait grave chier

4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là

5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas

6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu

7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème

8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème

9. Gros gros plaisir de ciné

10. Je ne m'en lasserais jamais

IncredulosVultus
4

Créée

le 25 juil. 2025

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