Il faut absolument voir ce film. En France, on avait vaguement entendu parler des Rohingya lorsque l'influenceur Jérome Jarre avait créé l'ONG "Love Army" pour aider les Rohinghya notamment à avoir accès à l'eau potable (projet qui n'a d'ailleurs jamais vu le jour comme l'explique cet article de Radio France: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/un-monde-connecte/ou-est-passe-jerome-jarre-l-histoire-d-une-desillusion-4101400)
Depuis cet épisode il y a 10 ans environ j'en entends plus parler. Or il se trouve que, même moi qui ai littéralement un compte X dont le feed est rempli de problématiques politiques de gauche, j'apprends aujourd'hui en lisant Wikipédia que cette ethnie est carrément victime d'un génocide. Quelle horreur. Merci à Akio Fujimoto , qui malgré sa peur de perdre des contacts professionnels en défendant une minorité majoritairement musulmane, a pris son courage à 2 mains et a réalisé ce grand film.
Les 2 enfants sont vraiment impressionnants de maturité dans leur jeu. C'est leur premier rôle, c'est dingue. Les moments de complicité, d'amusement entre eux sont très beaux.
Le scénario et la mise en scène sont froids, brutaux, à l'image de la réalité. Lors de leur périple vers le Bengladesh (depuis la Birmanie), Somira (Shomira Rias Uddin) , se fait tirer dessus par les gardes-côtés (bengladais a priori) et on la voit rester à terre. Dans un film classique, on se serait attardé sur sa situation. Le film aurait soit basculé dans un récit choral, soit on aurait eu des flashbacks de la soeur pour nous informer de son état. Ici, comme dans la vraie vie, son frère Shafi (Muhammad Shofik Rias Uddin) ne sait rien. Il a dû continuer son voyage. Il ne sait même pas si sa soeur est vivante.
Malgré la vague de haine islamophobe ces dernières années, notamment à la télé, c'est super que pas mal de cinéastes aient le courage de défendre les musulmans et de produire une contre-culture: merci encore à Akio Fujimoto, Hafsia Herzi, Cherien Dabis etc