Superbe film, je m’attendais pas à ce qu’il soit aussi kiffant. Eva Victor, réalisatrice, scénariste et actrice principale du métrage, arrive à partir d’un sujet horrible, le viol, à signer un film à la fois profondément humain, drôle, maitrisant très bien l’ironie, et qui célèbre l’amitié et la sororité (avec des nuances de jalousie tout de même, mais ça rend la relation encore plus humaine). Certaines scènes sont particulièrement réussies, comme quand Agnès (Eva Victor), alors qu’elle vient de coucher avec Gavin (Lucas Hedges), se met à étudier son pénis au repos en ayant à peu près ces propos: « Très intéressant. On n’a pas l’habitude de les voir comme ça. Ils devraient être comme ça, ils sont plus beaux ainsi ». En plus d’être vraiment drôle dans son ensemble, la scène comporte un sous-texte féministe implicite qui rappelle le tort que causent dans le monde nombre de pénis en érection…
Les fous rires dans l’introduction entre Agnes et Lydie (Naomi Ackie) sont très communicatifs, leur complicité est belle, même si leur discussion alors légère va prendre une tournure dramatique par la suite s’agissant de Preston Decker (Louis Cancelmi)…
Une autre très belle scène dépeint Agnes soudain consciente qu’elle est potentiellement visible depuis l’extérieur lorsqu’elle est aux toilettes. Elle décide alors d’utiliser des pages de sa thèse, thèse qu’elle a effectuée sous la direction de Preston Decker, son violeur, pour masquer autant que possible son intimité en collant les pages sur sa fenêtre.