Troisième film de Francis Veber avec le tandem Richard/Depardieu après "La chèvre" et "les compères". D'ailleurs, je viens de relire et de comparer les critiques de ces deux films et il faudra que je relève la note du premier opus qui est, nettement, à mon avis, le mieux réussi des trois, à tous points de vue.
Pour répéter ce que j'ai déjà écrit (quelque part sur SC …), je fais une grande distinction entre les personnages de François Perrin et François Pignon. Les Francis Perrin sont en général maladroits ou malchanceux alors que les François Pignon sont le plus souvent minables, emmerdants et ridicules. Autant je peux, sans honte, rire d'un François Perrin parce que sa personnalité reste digne, autant, j'ai des scrupules à rire du ridicule d'un François Pignon.
"La chèvre", c'est François Perrin ; "les fugitifs", c'est François Pignon.
Et là, dans "les fugitifs", le problème est que le personnage de Pierre Richard est plutôt pathétique et ne m'incite pas à rire.
A l'exception, toutefois, des scènes du hold-up, de la perruque ou de l'hospitalisation qu'on peut extraire du contexte morose du bonhomme et qui conservent un potentiel comique. Mais sinon comment rire d'un homme complètement à l'ouest et aux abois (les deux qualificatifs pouvant être dépendants) ?
Surtout que le film possède une dimension dramatique complémentaire que j'ai trouvée plutôt bien traitée avec cette petite fille mutique pour laquelle le personnage rugueux joué par Depardieu se métamorphose et "se fait tout petit devant une poupée qui fait …"
Et justement Depardieu donne bien la mesure de son talent dans ce film en opposant différentes facettes "le truand", "le truand qui décide d'arrêter les conneries", "l'homme qui découvre l'empathie" et "l'homme qui s'improvise père". Et son jeu est tout aussi crédible dans les différents registres.
Jean Carmet (qui dans la vie est un grand copain de Depardieu …) est ici jubilatoire en vétérinaire. Parmi les autres seconds rôles, Maurice Barrier est très bon en flic suspicieux.
Mais celle qui me fait définitivement craquer, c'est cette Anaïs Bret que je trouve extraordinaire, hors sol avec sa coiffure sage, sa tenue de petite fille modèle et son regard pensif et adorable. Sur Wikipedia en allemand (!!!), j'ai découvert qu'elle a eu joué dans un court-métrage en 1988 puis serait devenue, ultérieurement, professeur de physique-chimie …
Au final, le film m'a paru un peu inégal (deuxième partie surtout) pas si drôle que les deux premiers opus ("la chèvre" et "les compères"). Mais la relation qui s'établit entre Depardieu et la petite fille est empreinte d'une grande sensibilité et donne une autre dimension au film.