Idée bien périlleuse que de vouloir raconter son enfance au cinéma. Au premier abord cela sonne comme un projet très scabreux, surtout quand il est la suite d'une pièce de théâtre. C'est vrai qu'il y a des histoires de vie qui méritent l'attention. Non pas parce qu'elles racontent des faits de société mais au contraire car elles sont pleines de singularité. Fort heureusement le sociétaire de la comédie-française a un sens de l'humour et de la dérision mordant. Il utilise superbement l'objet cinéma pour retranscrire son one-man-show autobiographique avec punch.
Le passage de la scène à l'écran se justifie déjà par le mélange de l'image et du son. Des musiques qui rythment l'illustration des propos du narrateur. Mais c'est d'avantage la performance de Guillaume Gallienne qui enchante cette comédie. Ce double rôle ne peut pas prendre la même ampleur sur les planches que dans cette fiction. Le montage permet à l'acteur de se mettre dans la peau de sa propre mère avec finesse et crédibilité. Les limites pieds au plancher poussent forcement au sur-jeu plus que la caméra.
Avec une drôlerie espiègle et burlesque, Gallienne signe un œuvre très réussie. Un auto portrait admirable dans l’auto-dérision qui tord le cou aux suppositions et préjugés.
Pour son premier film le jeune réalisateur s'offre même le luxe d'une belle déclaration d'amour aux femmes. Enchanté par le très beau titre de Supertramp, «Don't leave me now» et l’interprétation originale de «Vous les femmes» par Arno. Un garçon qui se dévoile sans contrefaçon, touchant !