Un des meilleurs Patrice Leconte, ce qui ne signifie pas que ce soit un grand film.
L’intérêt des Grands Ducs ne tient d’ailleurs pas à la réalisation, mais avant tout au numéro d’acteurs de Marielle, Rochefort et Noiret : en roue libre ou pas, ce triumvirat permettrait à n’importe quel film de tenir à peu près debout. (Catherine Jacob, Michel Blanc et Clothilde Courau font les béquilles.) Difficile de rire à gorge déployée devant ce film, mais à moins d’être atteint de paralysie faciale, impossible de ne pas sourire au moins une demi-douzaine de fois, y compris des costumes douloureux de Carla Milo et des beauferies de Georges Cox.
Quant au scénario, il tient surtout lieu de prétexte pour rendre hommage à ce théâtre de boulevard qui a le mérite de nourrir à peu près correctement des acteurs de seconde zone, des directeurs de salle, des tourneurs, des agents, des techniciens… Il y a dans cet hommage quelque chose de convenu, parce que l’acidité ne ronge pas Les Grands Ducs, et que les personnages sont moins des types que des individus, mais on sent aussi la sincérité des buddy movies réussis – parlons plutôt de « film d’aminches », eu égard à l’âge et à la franchouillardise des têtes d’affiche.
Si on cherche une vraie comédie sur le théâtre de boulevard, presque totalement dépourvue de bonhomie, mais aussi plus riche qu’on ne le croit, on regardera plutôt Yannick de Quentin Dupieux.