Commençons par les points positifs, car oui, il y en a. Les scènes sous-marines sont d'une beauté indéniable. La photographie aquatique est soignée, offrant des images lisibles et crédibles, avec des poissons magnifiques et une ambiance réussie. Les séquences d'action sous l'eau sont bien filmées, rendant l'ensemble assez crédible, à l'exception de quelques passages où les personnages parlent sous l'eau – une idée aussi absurde que dans Highlander (j'ai des PTSD de la scène aquatique dans ce film, mais passons..).
L'intrigue, bien que simple, parvient à maintenir une certaine tension. Le mystère autour du trésor et des ampoules de morphine est bien amené, et le côté thriller est plutôt bien géré. Les décors sont tous beaux et crédibles, ajoutant à l'immersion.
Mais là où ça coule à pic
et ce qui fait que je ne comprends pas la moyenne de ce film, ni l'absence de critiques négatives. C’est que le film a pris un sacré coup de vieux, notamment en ce qui concerne le racisme et le sexisme.
Peut-on pardonner sous prétexte que "c’était l’époque" ? pour moi, non…
Surtout qu’un grand nombre de films de cette époque, et même d’avant, n’étaient pas aussi craignos...
Les "vrais" méchants sont les Noirs du film, dépeints comme des êtres sans pitié, vicieux, agresseurs, tueurs, violeurs, et avec des croyances folkloriques à base d'animaux tués.
Le personnage principal se méfie d'ailleurs immédiatement d'un homme noir, sans raisons apparente, insinuant qu'il ne peut pas être un collectionneur, ce qui est révélateur des stéréotypes raciaux véhiculés.
Une seule femme dans tout le film, réduite à son apparence physique (dès les premières scènes, elle est sexualisée, avec des plans insistants sur son décolleté et ses tétons en transparence). Son rôle se limite à être dévouée à son homme, et dès qu'elle s'éloigne de lui, elle devient une victime (attaque de poisson, agressions).
Les scènes de nuit sont mal réalisées, probablement en raison de l'utilisation de la "nuit américaine", donnant un rendu qui me semble artificiel.
Les dialogues sont soit minimalistes, soit absurdes, dignes d'une série B, ce qui les rend presque comiques, mais pas suffisamment assumés pour que ca devienne un point positif.
Les scènes d'action en extérieur semblent prises au sérieux, mais le rendu est absurde : "les accrochages de têtes m'ont fait rire".
En résumé, Les Grands Fonds est un film qui aurait pu être une aventure sous-marine captivante, mais vieillit beaucoup trop mal.