J’ai acheté ce film après avoir entendu beaucoup d’avis positifs, mais aussi pour Gian Maria Volonté, un acteur à l’intensité artistique exceptionnelle.
On y perçoit parfaitement la violence de la guerre : des soldats envoyés au front, condamnés à l’avance, utilisés par leurs généraux comme de simples morceaux de chair. Le nationalisme des supérieurs réveille chez certains un esprit socialiste ou anarchiste, et l’on ressent bien la douleur de ces hommes pris au piège d’un système militaire oppressif.
En revanche, ce qui m’a manqué, c’est l’exploration de leurs pensées politiques ou de leur passé. Cela aurait permis de donner plus de profondeur et d’émotion à l’ensemble. Même Gian Maria Volonté, qui semblait incarner le personnage le plus complexe, disparaît soudainement, ce qui laisse une vraie frustration. Mark Frechette reste trop flou dans ses intentions, et Alain Cuny se réduit presque à donner des ordres, sans réelle consistance.
Le film reste néanmoins solide : le scénario est intéressant et la mise en scène rend avec force l’absurdité des ordres abusifs et du système militaire dans son ensemble. Mais au final, il manque ce supplément d’âme, cette intensité émotionnelle qu’on pouvait espérer.