Le film reprend souvent l'original de Capra au plan près. Les dialogues, notamment, sont souvent quasiment mot pour mot ceux de l'original. Le dénouement est le même.
Il y a cependant des différences par rapport au film de 1937 :
- Lovett n'est pas un vieil archéologue, mais un jeune acteur insouciant.
- Sally surmonte la dépression grâce à la magnifique bibliothèque du monastère.
- Le contexte de guerre imminente dans le monde est beaucoup moins évoqué, voire présent. Je m'attendais éventuellement à des allusions à la guerre froide, au péril atomique : même pas.
- Il y a Liv Ullman <3.
- En couleur, il faut bien le dire, le contraste entre les glaces du début et la végétation luxuriante fonctionne bien mieux (même si le premier panorama sur Shangri-La fait maquette, et est assez décevant). Par contre, le white-washing se voit un peu plus.
- La scène du crash du DC3 est bien mieux réussie que celle de 1937, qui faisait vraiment série B.
- Il y a des numéros musicaux. Avec une petite vibe "Living theater" kitsch mais pas désagréable. C'est juste que les numéros arrivent un peu sans prévenir. Le numéro des rubans est fort beau, belle palette de couleurs.
- Il y a même un thème musical, qui
Le film est agréable, avec un temp peut-être un peu lent pour un film des années 1970. La décoration intérieure du monastère est toujours aussi inadéquate avec le folklore tibétain, pourtant fort riche et coloré.
On peut surtout reprocher au film d'aller moins loin au niveau politique que Capra. Là où le film de 1937 montrait clairement le tiraillement de l'homme de bien entre le fait d'affronter les périls d'un monde violent et de se réaliser en tant qu'individu en restant dans un lieu-refuge, ce film de 1973 est beaucoup plus insouciant : Shangri-La semble moins une utopie relevant de la fable qu'un coin sympa où passer le temps, avec l'option jeunesse éternelle. Le dilemme moral est toujours là, le film faisant attention à suivre le canevas de l'original d'assez près, mais comme par hasard les passages qui ont sauté sont ceux parlant du monde extérieur. Cela le rend le film un peu plus niais.
Car oui, si vous avez le courage de dire que vous aimez ce film, attendez-vous à subir un procès en culculterie qui ne sera pas forcément complétement usurpé. Mais comme c'est une comédie musicale, ça passe. Et puis, on a tous besoin parfois de films inoffensifs.
Cette version des Horizons perdus n'est pas inintéressante. On gagne en charme avec la couleur, on perd un peu en profondeur quant au message, mais le canevas reste globalement le même, et le film n'est pas désagréable à regarder.