Les Idiots m'ont laissé une impression similaire à Melancholia. Je me suis un peu ennuyée au début du film avec ces faux guignols dont on n'arrive pas à saisir les intentions (sinon psychologiques ? subversives ?), tout comme le personnage de Justine dans la première moitié de Melancholia m'avait pas mal agacée. Même si j'ai noté ces deux films comme passablement bon (6/10), il aura suffi d'une ou deux scènes pour me marquer et m'inspirer profondément.
Il faut admettre que LVT propose des fins mémorables, et celle des Idiots comme dans Melancholia continue de me hanter.
Le personnage de Karen est terriblement émouvant, je dirais même que tout l'intérêt du film repose sur ce personnage qui a joué son rôle "d'idiote" le plus sincèrement dans la dernière scène, très poignante, a contrario des autres faux idiots qui agissaient dans un registre plus comique et pas franchement subversif (juste transgressif, à la rigueur).
Explication avec "spoilers" :
C'est bien drôle de se faire une partouze entre potes (scène très graphique...), de se tartiner de la crème solaire seins nus devant une famille en plein pique-nique dans une forêt, sous un ciel couvert, ou courir après un type en se déshabillant sur la route, mais faire l'idiote dans un repas de deuil en famille... c'est d'un autre niveau. Et puis, l'actrice qui joue Karen (Bodil Jørgensen) possède un visage où se lit le tragique de l'idiotie, qui m'a poussée à poursuivre le visionnage (et heureusement, parce que cette fin en valait la peine !).