A peine sorti de prison, Mario ne trouve rien de mieux que de se mettre au service de proxénètes qui le chargent de "rabattre" des jeunes femmes. C'est pour cette raison qu'il fait la rencontre d'une entraineuse de cabaret.
La traite des blanches est un sujet assez courant dans le polar des années 50. La duplicité du truand séducteur et la candeur de sa proie sont, comme attendu, les ressorts dramatiques et malsains de la série B de Pierre Chevalier. Encore que le personnage de Raymond Pellegrin ne semble pas complètement dépourvu de toute valeur morale. Se peut-il que son discours amoureux qui fait chavirer Micheline Presle soit sincère ?
A vrai dire, on s'en fiche. Ce scénario mal troussé accumule tellement de poncifs et d'invraisemblances que l'intrigue devient indigeste. Surtout, la direction d'acteurs est médiocre. Et, consécutivement, les personnages sont faux, des gangsters (dont Daniel Cauchy, décidément toujours dans le même rôle de petite frappe) aux simples flics, en passant par les "filles", que Micheline Presle pourrait bien rejoindre à Tanger tellement elle pousse la naïveté jusqu'à la sottise ; elle est pourtant entraineuse dans une boîte de nuit, pas rosière de l'année.
Les comédiens ne sont pas très inspirés, Micheline Presle surtout. La mise en scène est maladroite ; elle nous égare à la fin du film dans ses ellipses -faute de moyens- entre Paris, Marseille et Tanger, au point qu'on n'est plus très sûr de l'endroit où on se trouve.