Je viens de voir ce polar au titre vichiste dans une copie déplorable qui m'empêche d'avoir un avis tranché.
Il m’a semblé que l’air naturel intelligent et malin de Micheline Presles ne la rendait pas crédible pour le rôle d'une femme manipulée et que Raymond Pellegrin ne montre pas bien toutes les contradictions de son personnage. Au fond, le scénario n'est pas assez travaillé et les dialogues de tous les personnages ne sont qu’informatifs. La réalisation n'est pas imaginative. Toutefois, le rythme est assez bon, la musique bien présente du si prolifique Georges Van Parys est réussie.
Dès qu'il y a des femmes de mœurs légères à montrer, on retrouve, sans surprise, la talentueuse Dora Doll, malheureusement pour elle, considérée comme inévitable dans ces rôles, et Nadine Tallier, future baronne de Rothschild.
Il y a aussi beaucoup de seconds rôles qui sont tenus par des talents encore presque à leurs débuts : Laurence Badie, Colette Castel, Daniel Cauchy, Hubert Deschamps, Jacques Duby (oui, le mari de Simone Signoret dans Thérèse Raquin). On retrouve aussi René Sarvil, le brigadier/juge de Manon des Sources (1952), mais sans son accent du midi alors qu'il joue un proxénète marseillais (!). J'y ai découvert Bill Marshall, que je ne connaissais que par les citations biographiques de Michèle Morgan, Micheline Presles et Ginger Rogers qu'il épousa dans cet ordre.
Il faudrait que je revoie ce film dans une version restaurée, notamment pour me faire un avis sur la photo, qui joue un rôle si important dans le rendu de l’atmosphère des films policiers et accessoirement pour reconnaître au passage (éclair sans doute) Roger Hanin qui, selon Wikipédia, figure une bidasse/client d’une prostituée.
Bref, je ne me suis pas ennuyé, mais c'est tout juste. Les amateurs du cinéma de cette époque peuvent se laisser tenter sans se faire trop d'illusions quand même.