Les Indestructibles
7.1
Les Indestructibles

Long-métrage d'animation de Brad Bird (2004)

Brad Bird, qui n'était en 2004 "que" le réalisateur célébré du "Géant de Fer", fut le premier "étranger" à Pixar à travailler avec les Studios qui s'étaient imposés au cours des années précédentes comme l'indiscutable leader de l'animation 3-D (et qui s'étaient rapprochés de Disney qui assurait la distribution de leurs films), et ces "Indestructibles" constituèrent une première rupture de style : première utilisation d'êtres humains comme héros (la technologie le permettant désormais, à condition de ne pas sortir des codes de la BD), scénario plus adulte qu'enfantin (la première moitié du film, psychologique en diable, laissa nos bambins vaguement endormis), abandon de l'humour typique de la maison, et surtout représentation d'une violence très Post-9/11 (on y utilise des armes à feu, et on y meurt...). Le résultat s'avéra à la fois excitant et même parfois saisissant d'intelligence...


En le revoyant en 2018, alors que le "film de super-héros" est devenu un genre dominant - et, admettons-le, particulièrement repoussant - on est toujours admiratif devant la partie des "Indestructibles" consacrée à la description minutieuse du quotidien des super-héros, qui témoigne d'un basculement de Pixar vers une "postmodernité" du genre, d'une ouverture vers de nouvelles perspectives au-delà des univers clos typiques du dessin animé américain : le portrait malin de cette famille dysfonctionnelle, incapable de prendre en charge leurs émotions en dehors de leur rôle de superhéros, s'avère une jolie réflexion sur l'identité et sur son rapport à l'intimité.


C'est lorsque l'appel de l'aventure arrive, plongeant un à un chacun des personnages dans une fantaisie tonitruante, qui doit beaucoup à l'univers exotique des James Bond première période, que l'on peut regretter que le rythme effréné - tare classique du cinéma d'action US - épuise un peu notre bonne volonté. Néanmoins, l'intelligence formelle d'un graphisme à mi-chemin entre rétro-futurisme et classicisme, ajouté à un scénario riche et complexe, fait des "Indestructibles" un autre classique indémodable du cinéma d'animation. Et un "film de super-héros" largement supérieur aux productions standards de la Maison Marvel !


[Critique écrite en 2018 à partir de notes prises en 2004]

Eric-Jubilado
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs films de super-héros et Les meilleurs films d'animation Pixar

Créée

le 16 juin 2018

Critique lue 513 fois

Eric-Jubilado

Écrit par

Critique lue 513 fois

21
8

D'autres avis sur Les Indestructibles

Les Indestructibles

Les Indestructibles

10

Gand-Alf

le 29 déc. 2014

Suivre

Super.

Transfuge des mythiques "Simpson", le génial Brad Bird avait imaginé cette famille de super-héros à la fin des années 90, pensant les mettre en scène dans un long-métrage d'animation traditionnel...

Les Indestructibles

Les Indestructibles

9

Jonathan_H

le 25 avr. 2017

Suivre

Pixar à son meilleur niveau

Je crois bien que je n'ai jamais autant aimé Pixar que quand je regarde ce film. Tout petit déjà c'était mon préféré (même si je ne sais plus où et quand je l'ai vu pour la première fois...) mais...

Les Indestructibles

Les Indestructibles

9

Fritz_the_Cat

le 6 avr. 2015

Suivre

La Famille nucléaire

Début du XXème siècle. Le cinéma fait ses premiers pas puis s'émancipe de ses créateurs alors qu'il effleure à peine le potentiel de son langage. Quand il s'agira d'en maîtriser les ressorts afin de...

Du même critique

Je veux juste en finir

Je veux juste en finir

9

Eric-Jubilado

le 15 sept. 2020

Suivre

Scènes de la Vie Familiale

Cette chronique est basée sur ma propre interprétation du film de Charlie Kaufman, il est recommandé de ne pas la lire avant d'avoir vu le film, pour laisser à votre imagination et votre logique la...

Les Misérables

Les Misérables

7

Eric-Jubilado

le 29 nov. 2019

Suivre

Lâcheté et mensonges

Ce commentaire n'a pas pour ambition de juger des qualités cinématographiques du film de Ladj Ly, qui sont loin d'être négligeables : même si l'on peut tiquer devant un certain goût pour le...

1917

1917

5

Eric-Jubilado

le 15 janv. 2020

Suivre

Le travelling de Kapo (slight return), et autres considérations...

Il y a longtemps que les questions morales liées à la pratique de l'Art Cinématographique, chères à Bazin ou à Rivette, ont été passées par pertes et profits par l'industrie du divertissement qui...