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Intense activité
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le 19 juil. 2021
Je suis énervé par ce que je viens de voir.
Exemple type du fait qu'avec les meilleures intentions du monde, on peut faire un film assez dégueulasse.
Les "intranquilles" du titre, c'est évidemment cette petite famille que la maladie de Damien, un trouble bipolaire, vient mettre à rude épreuve.
On a tendance à oublier que dans la réalité, le premier "intranquille" c'est bien le malade, qui a évidemment conscience, passé les moments de crises des dégâts qu'il a pu faire.
Ce qui contribue assez largement à la dépression qui suit la manie.
Ici, Leila (Bekhti) en vient à reprocher son comportement à son mari (très bon Damien Bonnard), comme s'il s'était volontairement conduit comme un olibrius, pour ne pas dire un fou, puisque qualifier la bipolarité de "psychose", comme on peut l'entendre à la fin... voilà l'exemple même du propos dégueulasse, et qui repose sur une conception arriérée de la maladie bipolaire. Admettons qu'elle dise ça sous le coup de l'émotion, Leila : qu'est-ce qui vient nuancer ce qu'elle assène comme ça, tranquillement ?
Rien. Aucun contrepoint.
C'est à se demander s'il n'y a pas malveillance délibérée...
Au bénéfice du doute, le réalisateur a manifestement mal compris pas mal de choses :
Quand il semble revenir à la réalité et avoue ce qu'on devrait savoir dès le début, à savoir qu'on ne guérit pas, il serait de bon ton de dire "mais on stabilise".
Mais non, le propos de Lafosse, c'est de dire qu'il est fou et le restera.
À vrai dire, je me suis demandé dans quelle mesure on n'avait pas là simplement une histoire de couple qui se déchire — comme dans le très bon L'économie du couple, du même Lafosse —, où le thème de la bipolarité ne vient que comme prétexte, comme décor, comme argument bidon parce qu'il faut bien dramatiser un peu tout ça.
Bref. Avec certainement de bons sentiments, genre "on va faire un film non stigmatisant sur une maladie méconnue", on aboutit au résultat inverse — puisqu'évidemment, spoiler, "à cause" de Damien (pas de sa maladie, hein : à cause de lui), le couple finira par se séparer.
On ne peut s'empêcher de se demander, est-ce que sa femme sature (à bon droit) ? est-ce qu'elle veut protéger leur fils (qui, lui, semble pourtant comprendre son père) ? ou est-ce qu'elle devient psychophobe ? En tout cas, la morale de la fin du film réside dans le rôle peu glorieux dévolu à Leila. Et c'est une morale minable.
À ce compte-là, que les acteurs soient bons ne change pas grand-chose.
Passez votre chemin.
Créée
le 1 juin 2024
Modifiée
le 1 juin 2024
Critique lue 34 fois
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