Belle idée que celle de traiter la passion sous un angle peu commun, en l’occurrence celui de la différence d’âge marquée avec un quadragénaire qui s’éprend d’une septuagénaire. D’autant plus que les deux acteurs choisis pour former ce couple qui fait fi de cet écart d’âge ne manquent pas d’allure : Melvil Poupaud et Fanny Ardant. Le romantisme, l’amour et la passion vus de cette manière originale avait de quoi intriguer et le casting faisait sens. Mais « Les jeunes amants » loupe son entame et a bien du mal à nous faire ressentir cette relation enflammée qui se noue entre les deux personnages. Durant une bonne partie du film, on a un peu de mal à croire à cet amour qui va emporter ces deux personnages. Le coup de foudre censé frapper les deux tourtereaux ne passe pas à travers l’écran, il semble trop fabriqué et mal représenté. Difficile dans ces conditions de s’identifier un tant soit peu aux personnages et à s’investir correctement dans le film.
Durant un moment assez conséquent, le script, les scènes tournées pour l’illustrer et le montage pour l’assembler apparaissent tous maladroits et peu adaptés pour faire vibrer les cœurs. .Les jeunes amants » est même peu chaleureux et la partie en Irlande censée amorcer cet amour particulier et nous faire ressentir les prémices de cette passion tombe à plat. Heureusement, petit à petit, le film va corriger ce mauvais départ et on finira par y croire dans une seconde partie plus apaisée et judicieuse. La maladie va s’en mêler et on va finalement s’investir davantage dans cette histoire d’amour contrariée. Certaines séquences vont réussir à nous émouvoir et il y aura même quelques belles fulgurances romanesques et/ou tragiques qui parviennent à nous vraiment nous toucher.
Le jeu des acteurs y est pour beaucoup, rendant tout cela crédible. Mais au-delà du duo principal, les seconds rôles brillent tout autant si ce n’est plus. On pense surtout à Cécile de France dans le rôle difficile de l’épouse trompée qui offre une partition inattendue, sobre et vraiment impeccable. Florence Loiret-Caille en fille compréhensive n’est pas en reste. Les problèmes que peuvent poser ce type de relation au niveau fonctionnel et moral sont bien présentées et on finit par s’intéresser et rentrer dans l’histoire que nous propose Carine Tardieu, cinéaste délicate (le très joli « Ôtez-moi d’un doute ») et parfois maladroite (« La Tête de maman ») mais toujours sincère. « Les jeunes amants » part donc du mauvais pied mais si on ne décroche pas, on pourra se laisser embarquer par cette proposition romantique et dramatique qui ne manque finalement pas d’allure notamment grâce à ses acteurs.
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