Les jours d'avant est un moyen-métrage (47 minutes) qui décrit, sur l'angle de la chronique de quartier, l'Algérie du début de la décennie noire. On y voit des adolescents frustrés par le poids des cancans se chercher une vie propre, à grand peine. Quand soudain apparaît la violence, qui menace les policiers. A travers deux parcours, celui de Djaber, jeune homme mal dans sa peau, et de Yamina, fille de flic, nous voyons comme la société est désemparée face à ce mal nouveau, qui n'est pas décrit ici dans ses tenants et aboutissants, mais simplement dans son éclatement, son irruption brutale.
La reconstitution est très parlante, que ce soit les paysages, qui ponctuent l'action, les plans généraux sur le quartier, les notations très bien vues (cette déclinaison de la manière de zoner des ados, les cancans), et ces vieilles Volvos, ce linge qui pend au fenêtre, ces pistes boueuses, ces intérieures de carrelage bon marché, de formica et de linoleum. Tout cela respire l'expérience vécue.
Le scénario est un peu simple (l'histoire d'une idylle qui n'a pu naître) et dissimule un peu le propos sur le GIA (pour faciliter l'émotion et l'identification ?). Cela dit c'est fort bien joué, fort bien cadré, fort bien mis en scène.
Les jours d'avant est un court drame, sans vrai début ni fin, qui capture à travers deux regards successifs un basculement de la société algérienne, mais vu de manière impressionniste, sans chercher à faire une radiographie complète de la société. C'est au fonds sa force.
Synopsis.
Adjer est un adolescent mal dans sa peau. ça ne va pas fort dans sa vie affective et sa scolarité. Il rêve d'une belle jeune femme du quartier, et zône en espérant la revoir. S'incruste avec un pote à une fête. Parle avec Nour, la fille du voisin. Et brusquement, dans cette grisaille aux marges de l'Atlas, survient la violence du GIA.
Un homme est abattu sous ses yeux. On se méfie des gens qui traînent, qu'on ne connaît pas. La classe est parfois interrompue par des tirs d'armes à feu. La fille finit par déménager.
Yamina lit Proust et reste chez elle, car ses parents ne veulent pas qu'elle aille en cours à cause des attentats. Son père est flic, sa mère malade.
Ses copines la poussent à mentir pour aller à la fête d'Hassen. Son père arrive, mais Djaber la couvre. Sous le coup de l'émotion, elle le chasse, puis veut s'excuser. Peu après, le père décide de déménager. Djaber les revoit au moment de partir.