La deuxième de ces quatre histoires adaptées des "Lettres de mon moulin" est la plus réussie parce que la nouvelle de Daudet rencontre un des univers favori de Pagnol. Son amour de l'artisan et de la terre aride de Provence s'exprime dans le portrait de Maître Cornille, le fier meunier qui prétend vivre encore du travail de son moulin.
Les trois autres épisodes, qui ont pour héros de pittoresques ecclésiastiques, ont indéniablement pour origine une idée cocasse, mais la mise en scène de Pagnol semble bien paresseuse, totalement assujettie à des personnages qui n'en méritent pas tant. Je pense en particulier au moine joué Rellys,
contraint de sacrifier son ascèse à la dégustation sans modération d'une liqueur commercialisée par son ordre.
L'idée originelle se dilue dans un bavardage, certes spirituel, mais répétitif.
Puis, dans un genre fantastique pas très bien maitrisé,
un prêtre gourmand accélère sa messe de Noël pour festoyer dans de bonnes conditions.
Enfin, dans une mise en scène nécessairement statique, le long monologue sermonneur d'un curé aux métaphores très personnelles nous confirme que Pagnol a un certain talent de cinéaste tout en nous laissant sur notre faim.