Le cinéma Israélien s’offre depuis peu une belle percée sur les écrans du monde. Après l’insolent et fulminant « The bubble » d’Ethan Fox en juillet dernier, arrive « Les méduses » qui a reçu la Caméra d’Or à Cannes. Il serait difficile de comparer les deux puisque la démarche cinématographique est fondamentalement différente. Le premier s’ancre dramatiquement dans la dure réalité du pays. Celui-ci nous propose plutôt une vision décalée, hors du temps, s’attachant à la solitude de personnages qui évoluent en destins croisés. Sorte de film choral à quatre groupes, l’intérêt réside sur la portée psychologique de chacun. Le film est d’une fluidité presque aquatique tant la mise en scène se veut suave. Des décors hors saison, des prises de vues feutrées tout contribue à mettre en évidence le destin entre parenthèses des ces femmes et du couple. D’un passé douloureux à un avenir incertain, chacun se cherche et sous cette apparente naïveté la parabole d’un pays en devenir en devient évidente. Avec très peu d’effets, les réalisateurs frappent fort et délivrent un message teinté d’un pertinent espoir optimiste. Un excellent film à découvrir interprété par des acteurs en état de grâce.