je suis tombé par terre...
Bon, Je passerai sur la transposition du livre vers une pièces musicale puis vers un film et tenterai de ne considérer le film qu'en tant que tel.
Je m'attendais à bien pire, en fait c'est regardable, parfois passionnant. La réalisation réussit plutôt bien le pari en signant quelque chose de relativement propre, merci à Tom Hooper. Un peu trop de gros plans pour moi, mais sinon ça passe. L'image est bien fichue, la reconstitution - bien que parfois un peu grossie - me semble assez proche du Paris de la première moitié du XIXe siècle, et les costumes sont également convaincants.
Le gros plus vient de la performance des acteurs, avec Hattaway en Fantine en premier lieu. Touchante, douloureusement convaincante, elle parvient à chanter la douleur et la tristesse de façon très émouvante.
De leur côté, les deux antagonistes Crowe et Jackman sont plus que valables, campant des archétypes sommaires avec réussite.
Les Thénardier sont hilarants, cruels, opportunistes mais toujours avec une classe qui leur est bien spécifique.
En revanche, l'Eponine du film est en carton, et Gavroche manque de présence (son âge, sans doute).
Quant aux deux tourtereaux... Seyfrid est ce qu'elle est, et son charisme de mouche ne risque pas de s'améliorer avec le temps, j'en ai peur. Et Redwayne m'a déçu. Physiquement, je pense qu'ils auraient dû inverser les acteurs d'Enjolras et de Marius : faire du beau gosse un peu dur le personnage de Marius et profiter du physique de Redwayne pour camper un idéaliste fanatique qui lui aurait mieux collé, mais c'était moins bankable je suppose. Et puis le personnage de Marius est super mal bâti. Un coup il envoie paître sa famille riche pour faire la révolution, un coup il se marie en grande pompe dans le luxe sans même broncher ; moi ça me gêne.
Reste le point de la musique, essentielle dans une comédie musicale; elle ne m'a pas plus attaché que ça (et le "tout chanté façon "Les parapluies de Cherbourg" aurait pu être évité je pense, ça alourdit le truc), mais je reconnais bien volontiers que certains thèmes (celui de la scène d'ouverture surtout) sont entêtants à souhait.