Besides that, mrs. Lincoln, how was the show?

Et dire que Liam Neeson a failli incarner Abe. Dommage d'un côté parce que ça nous prive d'un nouveau personnage qu'il incarne et qui meurt. Coup de bol de l'autre parce que Daniel Day-Lewis prouve encore une fois quel merveilleux acteur il est. Sa performance est d'une grande sensibilité, toute en petite touches. Il campe un Lincoln émouvant, une figure paternelle pour la nation bien plus que pour sa propre famille qui souffre de la position de son patriarche. La caméra tourne autour de lui, sublime les moments où le script insiste (lourdement parfois, il est vrai) sur les moments où l'homme d'Etat se complaisait à se faire conteur d'anecdotes.

Adulé par l'inconscient collectif étasunien, Lincoln renferme une grande part de légende dorée post-mortem, à la manière d'Henri IV en France. Son martyr en quelque sorte transcendant sa vie pour en gommer les aspérités. Cela transpire perpétuellement dans ce film, quasi-hagiographique.

Le script est propre, la campagne planifiée quasi-militairement pour parvenir à imposer le 13e amendement mettant enfin fin à l'esclavage, les tenants et aboutissants, et les logiques contradictoires à l'oeuvre sont bien rendues. Pas besoin d'être grand connaisseur de l'histoire de l'Amérique du Nord pour comprendre ce qui se passe (encore que, certains pourraient être surpris de voir qu'à l'époque, les Républicains étaient pour le changement social et les Démocrates pour la routine inégalitaire).

La réalisation est nette et sans bavure, mais John Williams commence à montrer certaines limites et livre une bande son trop discrète et manquant d'allant. Heureusement qu'on a une émouvante scène de vote à la Maison des Représentants, des rouflaquettes, des coupes de cheveux laides (tristement d'époque, le cheveu gras voire huileux est attesté par bien des documents photographiques) et un Tommy Lee Jones avec une moumoute d'un goût plus que douteux pour détendre dans une atmosphère qui se prend quand même vachement au sérieux.

Créée

le 30 janv. 2013

Critique lue 717 fois

Syryatsu

Écrit par

Critique lue 717 fois

8
4

D'autres avis sur Lincoln

Lincoln

Lincoln

5

real_folk_blues

300 critiques

Abraham Lincoln, chasseur de cons fédérés

Spielberg, il y a ceux qui l’aiment et ceux qui le détestent. Il y a ceux qui le descendent, et ceux qui le défendent. Personnellement je n’ai rien contre lui malgré l’empâtement artistique dans...

le 8 févr. 2013

Lincoln

Lincoln

7

guyness

895 critiques

La défense Lincoln

Franchement, ça faisait un bon moment que je ne soupçonnais plus le gars Steven d'être capable de nous pondre un truc honnête comme ce Lincoln. D’ailleurs, voyons… Hmmm, au moins 15 ans. Pour ne pas...

le 10 avr. 2013

Lincoln

Lincoln

3

christophe1986

43 critiques

LincoZZZZzzzzzZZZZZZzzzzzzZZZZ

Cher (Tonton, si tu permets ^^) Steven Spielberg, Je n'arrive pas à croire que tu aies commis un film aussi ennuyeux et verbeux que ce Lincoln...toi qui nous as pourtant habitué à faire parler...

le 14 janv. 2013

Du même critique

Skyfall

Skyfall

10

Syryatsu

74 critiques

tombé du ciel

Le James Bond nouveau est arrivé, en forme à la fois d'excellente conclusion au reboot bondien initié avec Casino Royale et d'excellente introduction pour un nouveau départ de la franchise en...

le 26 oct. 2012

Ernest et Célestine

Ernest et Célestine

9

Syryatsu

74 critiques

"... le homme de les cavernes qui me habite trébuche sur la ombre de lui-même..."

Ernest et Célestine, c'est une histoire sur les couples vus par la société comme contre-nature (carrément dans l'air du temps, donc), défendant la marginalité avec élégance, refusant la xénophobie et...

le 12 janv. 2013

Lincoln

Lincoln

7

Syryatsu

74 critiques

Besides that, mrs. Lincoln, how was the show?

Et dire que Liam Neeson a failli incarner Abe. Dommage d'un côté parce que ça nous prive d'un nouveau personnage qu'il incarne et qui meurt. Coup de bol de l'autre parce que Daniel Day-Lewis prouve...

le 30 janv. 2013