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Lâcheté et mensonges
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La première fois que j'avais vu Les Misérables, j'avais déjà pris une grosse baffe. Un film d'une force rare, d'une énergie qui ne décroit presque jamais, à la fin ouverte et haletante… Clairement l'un des meilleurs films français du XXIe siècle. Loin d'être un énième film sur les banlieues parisiennes, et digne hériter de La Haine, Les Misérables décortique avec subtilité les relations de pouvoir et sociales dans ces quartiers, entre police, maintien de l'ordre de gangs, trafiquants en tout genre et frères musulmans, et au sein de tous ces groupes eux-mêmes. L'intrigue commence très classiquement, en suivant l'arrivée d'un nouveau venu dans la BAC. Le début est d'ailleurs assez bancal, avec de gros clichés (peut-être vrais) sur la police et sans rien apporter de vraiment neuf. C'est seulement une fois la longue présentation des différents groupes derrière nous que l'histoire démarre, et sur les chapeaux de roue : chasse à l'homme, puis chasse aux images, bref, une fuite en avant tonitruante. A la fin de cette journée avec la BAC, il manquait quand même quelque chose, une étincelle et une énergie supplémentaires. Car c'est bien la dernière scène, au matin de la deuxième journée, qui change vraiment la donne. Pris dans un délire cathartique à la Tarantino, le film s'emballe. Mais chez Tarantino, la réécriture de l'histoire est caricaturée, sublimée et irréaliste. Ici, rien de tout ça : le réalisme de cette cage d'escalier jaunâtre et lugubre est quasi-prophétique - et glaçante. Comme un pied de nez à La Haine, à la fin également ahurissante, mais dans des rôles inversés.
Une dernière chose, que j'avais manquée au premier visionnage. Alors que les alliances et les confrontations changent en fonction du contexte et des intérêts de chaque groupe, un conflit indépassable sous-tend chaque scène du film : les adultes contre les enfants, les Misérables.
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Créée
le 13 juin 2025
Modifiée
le 29 juin 2025
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