Une perle dans un technicolor flamboyant, un rythme échevelé et de l'audace sexuelle, bravo !

« Récolte la tempête » est la traduction littérale du titre.

C’est un Technicolor de la coloriste Natalie Kalmus, dont la signature vaut de faire un détour quel que soit le film et le réalisateur (un autre consultant couleur talentueux, William Fritzsche lui est associé pour la "second unit", quoique non crédité). Aussi il n’est pas étonnant que dès le démarrage, ce soit stupéfiant de beauté, mais ça l’est aussi par le rythme et la rapidité, la narration parfaite et y compris pour la hardiesse sexuelle dans un film de 1942, ce qui sous tend les mouvements d’intérêt des personnages les uns pour les autres.

C’est un film d’aventures et c'est aussi une "screwball comedy" avec des dialogues étincelants.

L’histoire intéresse : ce sont des bateaux de commerce en danger de se fracasser sur des récifs et on voit des interactions conflictuelles et subtiles entre des pillards aux motivations variées : naufrageurs actifs, comploteurs ou destructeurs sans foi ni loi, et encore simples profiteurs.

De même on voit éclore et se croiser un triangle amoureux à l’évolution complexe, des rivalités entre femmes et une histoire d’amour secondaire : un amour fou entre une noble provinciale et un des bandits, une romance qui rencontrera la tragédie. 

La deuxième moitié du film est un peu moins bien.

Non pas tant parce que les péripéties faiblissent, mais parce qu’elles sont plus convenues, ce qui était inévitable car comment terminer au même niveau qu'un début aussi flamboyant ? 

A l’époque, le climax, le combat sous la mer entre les deux rivaux d’une part et le calmar géant d’autre part (10 tentacules au lieu des 8 d’une pieuvre, car Cecil B. de Mille vous en donne plus !) maintenait l'intérêt du public et pourtant on voit bien que c’est du caoutchouc, trop rouge de surcroit. Mais peu importe : l’ensemble reste agréable à voir, même si le charme sensationnel du début s’est un peu perdu en route. 

Les actrices sont Paulette Goddard, belle, subtile et passionnée et Susan Hayward jeune, presque méconnaissable car encore avec ses rondeurs de l’enfance.

John Wayne aussi est encore jeune (c’est juste apres La Chevauchée Fantastique, 1941, de John Ford) et pour une fois il joue un personnage dont la moralité est changeante.

Ray Milland a le premier rôle, jouant tres bien l’humour, la distinction ferme, le courage loyal et noble.

Raymond Massey joue un avocat naufrageur, génial dans ses plaidoiries mensongères et pourtant convaincantes pour le jury.

Robert Preston, en second rôle, celui d'un forban amoureux, est aussi bien à sa place.

Ce film est une perle.

(Notule de 2018 publiée en avril 2025)

Michael-Faure
8
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le 20 avr. 2025

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7

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