Je n'aime pas beaucoup le cinéma allemand que je trouve souvent emmerdant (à quelques exceptions près quand même), mais là, plutôt une bonne surprise, un film allemand façon Nouvelle Vague réalisé par une femme.
Le film tire son titre d'une chanson: "les chats ont neuf vies" ... "et les hommes une seule". C'est un film de fin d'étude, qui tire vers le cinéma expérimental, très beau formellement. Un film féministe aussi (mais pas donneur de leçons) centré sur deux beaux personnages de femmes, une journaliste allemande, Catherine et son amie française Anne, venue la voir à Munich. Alors évidemment les dialogues semblent parfois un peu datés (sur le mariage, sur la liberté, par exemple), parfois interminables aussi ( presque comme dans La maman et la putain, le film de Jean Eustache sorti sur les écrans 5 ans plus tard), mais on s'en fout ! Visuellement, c'est très réussi comme ce passage où Anne orne une barque de fleurs blanches, puis flotte dans l'eau dans une scène qui évoque le suicide d'Ophélie. Fausse piste pourtant, ni Ophélie ni Electre, Anne est une jeune femme de 68, et en 68 comme chacun le sait, on désirait (encore) l'impossible. Bref, une jolie chronique qui a le mérite de dépayser le personnage principal et le spectateur.