On retrouve parfaitement l’univers du premier opus avec une plongée dans les bas quartiers de New-York et une ambiance qui se rapproche des polars urbains de l’époque. La première heure a, pour elle, de poser des personnages et une intrigue très lisible qui s’éloigne de titres de la Blaxploitation plus tardifs où le goût pour l’action supplantait entièrement le récit. Certains reprocheront à ce titre la mollesse apparente de l'ensemble ; je trouve, au contraire, que cela apporte un véritable soin au résultat. Dommage que l’atmosphère ne soit pas aussi poisseuse que dans le premier, l’absence de l’incroyable score d’Isaac Hayes nuisant également à l’ambiance générale et les scènes nocturnes étant moins nombreuses. Mais la musique de Gordon Parks a ses qualités et le réalisateur sait où il doit poser une caméra pour créer des scènes percutantes et exploite avec efficacité l'hiver new-yorkais.
Niveau action, le film mise tout sur ses vingt dernières minutes : courses poursuites, fusillades, bagarres au poing, tout y passe avec un certain brio. Contrairement à de nombreux films du genre trop fauchés pour s’amuser à marcher sur les plantes bandes de la concurrence, cette suite se le permet avec une certaine efficacité même si on aurait peut-être préféré un meilleur équilibre à ce niveau durant l’ensemble du métrage. Mais le final, à coup sûr, réjouira les amateurs de scènes d’action musclées où nos personnages utilisent voitures, hélico et bateaux pour assurer le spectacle.
Une fois encore, les acteurs s’en tirent très honorablement, Richard Roundtree en tête, ce qui ne gâche en rien la fête. Le fond, lui, est passe-partout, et aurait très bien pu fonctionner dans une série lambda mais cette série B, si elle ne se hisse pas tout à fait au niveau du premier épisode, demeure un agréable divertissement qui vaut un peu mieux que sa peu flatteuse réputation.