Mexico-vid : quand est-ce qu'on enterre gratis ?
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Covid pas vraiment mais ce film repose sur le thème d'une épidémie redoutée et très transmissible chez l'homme, de méningite cérébro-spinale, meurtrière et foudroyante, ici au Mexique...
Lorsqu'on considère que le réalisateur Yves Allégret (1905-1987) frère cadet du cinéaste Marc, a puisé son inspiration chez Jean-Paul Sartre (Typhus) que je n'ai jamais apprécié, on ne sera pas surpris par le caractère lugubre et hospitalo-funèbre de ce récit sordide..
On se demande, outre le réalisateur qui y contribue, ce qu'ont pu apporter au scénario anémique Pierre Bos et, Jean Aurenche, car l'aventure est à encéphalogramme quasi plat, inintéressant, sans aucun suspense ni rythme.
Mais autre constat : est-ce que les acteurs avaient bien compris leurs rôles ? Car on pourrait en douter, tant ce film sonne creux...
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"Un couple de français en voyage au Mexique se rend vers une localité côtière mais lors du voyage dans un vieil autocar en bois, le mari est pris de vomissements... Arrivés à Alvarado, l'épouse se met en quête d'un médecin pour le soigner : quand elle le retrouvera, son mari est mort.
Curieusement, elle ne ressent aucun sentiment de douleur...
La région est en proie à une épidémie de méningites foudroyantes et meurtrières et la veuve se rend brusquement compte que la dépouille de son mari a été dépossédée de l'argent qu'il transportait... Elle est désemparée dans un pays où elle ne connaît personne, démunie de tout, et dans lequel chacun se méfie de l'autre qui est peut-être contagieux...
Toutefois, le patron d'un hôtel croit trouver en elle une proie facile, alors que la veuve semblerait plutôt attirée par ce médecin radié du Conseil de l'ordre.
Sa femme était morte en couches lors de l' intervention médicale à laquelle il procédait et inconsolable, il tente depuis de noyer sa douleur en ingurgitant force téquilas...
Pourtant, le vœu qu'il avait en lui de soigner les autres se réveille devant l'urgence des soins à prodiguer, et il abandonne l'alcool pour tenter l'installation d'une infirmerie pour urgences...
Les deux âmes en peine vont-elles se rejoindre ?"
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Étrange idée que cette coproduction franco-mexicaine qui conduit à un curieux et indigeste gloubibouga, mélange étrange de dialogues français ou mexicains sous-titrés que n'arrange pas la pellicule mono en noir et blanc... N'imaginons même pas la stéréo !
Phénomène de mode mexicaine ?
Comme la revue nègre qu'avait emportée dans son sac Joséphine Baker venue d'Amérique mener la vie de château en France ?
L'image du Mexique et de son ambiance ne se ressentent pas vraiment d'ailleurs : certains plans du tournage ont d'ailleurs été réalisés aux studios de Boulogne en France ! Comme la fin qui n'a pas été tournée par Yves Allégret, mais par son opérateur...
Parmi les deux coproducteurs en effet, l'un souhaitait une fin dramatique, l'autre heureuse, tandis que le réalisateur la voulait "ouverte"...
On aurait pu nous faire grâce des sordides prises de vues médicales, tandis que les paysages ambiants n'incitent guère au tourisme en ces lieux hostiles et misérables...
Le casting est tout ce qu'il y a de plus mauvais ! Dépaysement ? Si elle a vraiment tourné au Mexique, Michèle Morgan paraît dix ans de plus que son âge réel et ce rôle d'Eve tentatrice ne lui convient pas du tout, contrairement à Michèle Cordoue, la tenancière du bar-hôtel.
Une pistonnée au rôle (c'est son second) fait pour elle, puisque Yves Allégret était son second mari (ça aide au recrutement) outre le fait qu'elle fut la maîtresse d'Alain Delon ce qui permit à le future star de faire son premier film avec le réalisateur...
Le cinéma est une grande famille !
Malgré son auréole, Gérard Philippe n'a pas ici un rôle très "porteur", ni valorisant non plus en toubib alcoolo radié de la liste !
Sa manière de déambuler en titubant; en pleine ivresse alcoolisé est trop outrée, alors qu'à la séquence suivante, il arrive à traîner un malade derrière lui !
Ver dans le fruit : l'illustration musicale sur toccatas ets guitares/ trompettes est à vomir, et ressemble à une scie musicale à la longue, sans nous évoquer un instant l'atmosphère mexicaine : et même irritant à force !
C'est le onzième des vingt-quatre films d'Allégret de 1941 à 1981, et on est loin de la qualité de "Dédée d'Anvers" de "Germinal" ou encore même de quelques "Maigret" alors interprétés par Jean Richard et oubliés de nos jours !
Soyons pourtant indulgents en songeant que ce film est sorti huit ans après la seconde guerre mondiale, et qu'à l'époque, le CEP (Certificat d'Etudes Primaires) sanctionnait brillamment la fin de la scolarité à l'époque, au profit de l'apprentissage d'un métier.
Ou directement l'entrée dans un emploi appris "sur le tas" : les pertes humaines et la reconstruction du pays nécessitaient que nombre de demandes d'emplois soient pourvues d'urgence... Ce n'est qu'avec l'arrivée des enfants du baby-boom que la durée de scolarité allait s'allonger !
Ce film a accueilli à sa sortie 2 805 061 spectateurs dans nos salles : fréquentation lui ayant permis de figurer à la 24° place du Box Office, sur les 45 films ayant atteint deux millions d'entrées...(seuil ramené à un million par suite de concurrence télé)
Cette année-là, les cirques itinérants et leur ménagerie étaient encore en plein développement, c'est "Sous le plus grand chapiteau du monde" qui prenait la première place du podium avec près de neuf millions et demi d'entrées.
Les orgueilleux ?
Je ne vois pas trop où est l'orgueil dans ce film qui par ailleurs a très mal vieilli, et fait sourire mais d'un sourire attendri, misérabiliste !
Il intéressera plus par son côté patrimonial (enfin à moitié) et vieillot que par son aspect aventurier...
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"Cerise sur le gâteau, lequel est sur la chaise non percée quoique pliante, du réalisateur" :
Certains chanteurs avaient cédé aux sirènes mexicaines :
"Le mexicain basané" écrit par Aznavour et Plante, chanté par Marcel Amont et Les Compagnons de la Chanson...
Mexico interprété par le crooner Luis Mariano...
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France 3 le 26.04.2026-