Avançant dans mon anthologie des films sur la première guerre mondiale, j'arrive sur un second film de Raymond Bernard, après les Croix de Bois. Assez différent (et heureusement) quoique proposant une articulation en deux temps, dans ce cas également.
Ici, on est dans un petit village de la Marne, et la guerre ne les a pas encore touché et l'on rentre dans les petits conflits de voisinage typique d'un village de l'époque (et de maintenant, comme du village d'Astérix), ou conflits de pouvoir : le curé, le maire, l'industriel, le noble, etc. Pour couronner le tout, il y a une histoire à la Roméo et Juliette. Ca, c'est la première partie. Ces petites querelles vont évidemment devenir vaines dès lors que la guerre entre en jeu et que le village est pris par les casques à pointe. On verra alors les villageois se solidariser et aller au sacrifice.
Est-ce un film patriote ? Un peu. Mais c'est sans doute surtout un film visant à montrer que ces petits conflits n'ont pas de sens, même en temps de paix. Que nos seuls soucis devraient être l'harmonie et le bonheur.
C'est un film qui, d'un point de vue narratif, est assez plaisant à suivre. Regarder ces coqs se battre pour des broutilles donne une première partie plutôt divertissante, et la seconde partie est ensuite menée sur un bon rythme, le tout avec des seconds rôles de l'époque plutôt bons.
Mais ce n'est pas non plus LE film sur la première guerre mondiale. C'est d'ailleurs plutôt un film mobilisateur sur la préparation de la seconde guerre mondiale (date de sortie 1939), et l'appel aux français à se mobiliser tous ensemble face au danger nazi imminent.