Land of Mine prend à rebours le film de guerre classique : ici, la bataille est finie, mais la guerre continue sous le sable. Martin Zandvliet filme la rédemption à hauteur d’homme, dans le vent froid du Danemark, entre la haine des vainqueurs et la culpabilité des vaincus. La mise en scène est sèche, tendue, sans lyrisme superflu, et pourtant profondément humaine. On pense parfois à un western moral, avec ses visages fermés, sa poussière, son horizon bouché. Les jeunes prisonniers allemands, jetés dans cet enfer de mines, portent sur leurs épaules l’absurdité d’un monde qui ne sait plus pardonner. C’est dur, sans complaisance, mais d’une beauté grave, traversée par des moments d’émotion brute. Peut-être un peu appuyé dans son symbole, mais diablement efficace et bouleversant. Un film à la fois rugueux et plein d’âme, qu’on n’oublie pas facilement.