Sous ses airs de chronique douce-amère d’un groupe d’amis en vacances, Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet peine à convaincre tant il aligne les poncifs avec une application scolaire.
Le film semble avant tout conçu comme une réunion de copains, plus que comme une œuvre de cinéma structurée. Le casting — très “entre-soi”, avec François Cluzet, Gilles Lellouche, Marion Cotillard ou encore Benoît Magimel — cabotine dans tous les sens, comme si chacun était venu tourner sa scène improvisée sans réelle direction d’ensemble. Le résultat est inégal, et les personnages peinent à exister autrement que comme des caricatures ambulantes : le dragueur beauf, l’hypersensible malheureux, le secret mal porté, le couple qui se déchire… tout y passe.
Pire, le film empile les situations convenues, jusqu’à un final tire-larmes totalement sur-signifié. La musique triste omniprésente, les regards humides et les silences pesants cherchent à forcer l’émotion, mais sans la moindre subtilité. On sent bien l’envie de parler de l’amitié, du deuil et de l’hypocrisie sociale, mais le propos est noyé dans une forme téléphonée et surjouée.
En sortant de ce film, j’ai surtout ressenti une impression d’artificialité gênante.