Christian-Jaque réalise un petit film d'aventures exotiques tourné on ne sait où et dédié aux expatriés français qui construisent des lignes de chemins de fer en Chine et gèrent les concessions. C'est un film insignifiant, hors l'idée coloniale qui plane tout au long du film, qui manque complètement de contexte.
Des chefs rebelles indigènes attaquent des trains dont l'ingénieur en chef joué par Charles Vanel a la responsabilité. Ce dernier incarne, jusque dans la caricature, l'employé modèle et intransigeant, prêt à tous les sacrifices -y compris celui de son épouse!- pour que circulent ses trains.
Le scénario est très superficiel, naïf et brouillon dans les scènes d'action. Les personnages sont d'une simplicité qui tourne parfois au grotesque; ainsi la crise de nerf d'une épouse française angoissée (Suzy Prim) ou ce général chinois félon Tchou King interprété à sa façon toujours très martiale...par Erich Von Stroheim! (dont on nous concède toutefois qu'il est métis et qu'il a fait West Point). Citons encore Dalio dans un petit rôle de mercenaire vendeur d'armes que les auteurs affublent de l'apparence et de l'accent du métèque honni des années 30.
Le sujet n'est pas intéressant, hors ses proportions outrancières. Sans qu'on puisse parler de cinéma nationaliste ou patriotique, le film invoque toutefois la présence coloniale bienfaitrice de la France et sa dernière phrase -"nous devons rester"- n'est pas innocente.