Pour l'automobiliste Quim, les ennuis commencent en sortant d'une station-service, lorsqu'il tente de rattraper une jeune voleuse. Ils se retrouvent réunis et égarés dans les montagnes espagnoles.
C'est le début d'un film de suspense et d'angoisse, d'une traque irrationnelle. Le réalisateur connait les règles élémentaires dans ce registre: téléphones portables hors service, voitures inutilisables. Quim et Bea sont isolés.
Le film est toutefois loin d'aligner les clichés du film de genre. Gibier blessé et épuisé par une fuite éperdue, le couple existe de façon réaliste, sans pathos ni palabres, dans un paysage à la fois beau et hostile de montagne et de forêts, déterminant et fascinant. Le cinéaste est d'autant moins dans les conventions que si, naguère, le genre préservait une certaine "éthique" (les méchants y passaient, les gentils se sauvaient), la violence d'aujourd'hui est sans distinction et moins formatée. Elle apparait crédible, moins scénarisée aussi. Et nous ne sommes pas non plus dans l'horreur érigée en spectacle psychotique ou en massacre tous azimuths façon tronçonneuse...
Le réalisateur ne rate pas non plus sa conclusion dans une dernière partie qui fait froid dans le dos, inattendue et plausible. Surtout, l'explication est donnée en quelques plans courts, sans discussion, qui échappera peut-être au spectateur non averti d'un certain phénomène de société...