Qui a peur du grand méchant skinhead ?

Les rascals nous présente les guéguerres de gangs dans le Paris des années 80. Les gentils rascals hors-la-loi, tous racisés, vont être confrontés aux vilains skin head, hommes, blancs, racistes, nazis, d'extrême droite (dites-moi si j'ai oublié des caractéristiques du mal absolu). Il y a quand même une nana dans le tas qui devient facho parce qu'un italien à castagné son frère. Il en faut peu pour devenir nazi. Il a été vu en elle un personnage ambigu et profond. Non. Elle épouse une cause après un éléments déclencheur. Elle extrémise un racisme déjà ancré en elle. A par un remord évident qu'elle à la fin, je ne vois pas vraiment d'ambiguïté profonde chez ce personnage.

Personnellement, je n'ai eu de l'empathie pour personne. Pour moi, les deux bandes sont composées de personnes méprisables. J'ai juste l'impression de voir des débiles qui se foutent sur le gueule pour des questions primitives. Je ne peut pas apprécier des mecs qui se la pètent, qui parlent beaufement aux meufs, car elles sont juste de la viande à fourrer, et qui s'insultent de "fils de p*te" entre eux. Lola Quivoron a réussi a créer de l'empathie envers ses personnages dans Rodéo, car il sont autres chose que vulgaires et cons. Bref, c'est mon opinion, on s'en fou. Je pense aussi être resté sur la touche car le film est enfermé dans son milieux socio-culturel très spécifique qui ne déborde sur rien d'autre. A part les bandes, le métro, la banlieue et les soirée nazis, on dirait qu'il n'y a pas grand chose d'autres à Paris dans les années 80. C'est dure de se sentir concerné par ça. Et encore, je parle des années 80 mais les personnages semblent être bloqué dans les années 60 quand on les voit parler vinyle et aller chez le disquaire. Ils sont où les walkman ?

La structure du film marche bien. On voit la spirale de la haine et de la violence, comment elle se transmet et s'insinue. Comment une étincelle devient un feu ardent (eh ouais, je fais de la métaphore), offrant un film qui devient de plus en plus crispant. Le problème est que c'est extrêmement mécanique, voire cliché. On devine facilement où ça nous emmène.

Évidemment, que c'est le gamin innocent, gentil, qui a un avenir brillant devant lui qui meurt.

Le réalisateur semble partir d'une noble intention : représenter une période, un contexte qu'il a connu. Le problème est qu'il en fait un film à l'écriture bien rodée, mais complètement académique, classique, artificielle (donc prévisible), utilisant un contexte socio historique dans un banal et grossier film d'action/thriller manichéen. Ca aurait été intéressant de montrer cette jeunesse en perte de repère, mais le réal décide d'en faire les héros d'une guerre de far west avec des skinheads, en nous rappelant grossièrement à l'écran "1984, les skins ont pris le cœur de Paris". Wao.

Pour un film sur les années qu'il dépeint, sur ces milieux sociaux, je trouve que la mise en scène est vraiment trop calme et académique. Tout est formel, sage, bien comme il faut. Beaucoup parlent d'un film coup de poing, mais quand je vois un film avec autant de plans fixes, des travellings tout propres, et une lumière bien travaillée, je me dis que le côté choc et antisystème est resté au placard. Et il y a vraiment des effets assez grossier dans le film. Le scénariste a travaillé son fond et tient son discours qu'il veut faire passer (agenda politique oblige), mais la forme est d'une platitude sidérante.

Le moment où les deux personnages couchent ensemble après un acte de violence extrême, liant grossièrement violence, haine et pulsion sexuelle, Eros et Thanatos.

Le film sombre dans le manichéisme. Tout ce qui peut arriver de mal aux personnages arrive : insultes racistes, violences policières, prison. J'ai l'impression de voir, encore, un pamphlet antifasciste bien simpliste. D'ailleurs, dès le pitch on sent le manichéisme. Les Rascals sont qualifiés "d'insouciant" et "d'innocent". Dans l'une des premières scènes qui les présente, l'un des personnage braque un flingue (non chargé, mais quand même) sur une bande ennemie dans un bar. Ah ! elle est belle la jeunesse insouciante et innocente ! Sacrés jeunes ! De plus, le réalisateur s'est clairement inspiré d'un groupe de "chasseurs de nazis". Donc on se retrouve clairement avec les gentils contre les méchants. J'ai déjà dit à quel point j'ai trouvé les gentils insupportables, mais les méchants ne sont pas mieux. C'est la caricature du facho : Ils ont le crâne rasé, font des saluts nazis, écoutent du métal dans des caves et chassent des communistes. On est vraiment à deux doigts du nanar

.

La fin est vraiment contreproductive.

Le personnage principal sort de prison et a pour but direct d'aller casser du facho sur une musique bien entraînante. Le Bien vs le Mal !!!

Bon OK, pourquoi pas, mais ne venez pas vous plaindre si vous prenez, encore et encore, des coups sur la gueule. Avec ce genre de délire, on ne va jamais s'en sortir. Donc, la fin semble légitimer ce que le film a dénoncé pendant 1H30 : A la violence, répondez par la violence ! C'est quoi ce délire ?

Au final, j'ai l'impression de voir un film de bobos où les gentils criminels tapent sur les vilains criminels d'essssstrêêêêêême drouaaaaateeee, mais sans jamais s'attaquer aux vrais problèmes qui les touchent. Les bobos ou les soixanthuitards nostalgiques dans la salle de ciné reprennent leur souffle avec leurs éventails en voyant une dure réalité qu'ils n'ont jamais connu et en sortent avec une belle morale : l'important est de taper les méchants (mais pas d'aider les victimes).

Cineratu
1
Écrit par

Le 22 janvier 2023

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Cineratu
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