« Qui trop embrasse mal étreint. »
À vouloir tout traiter, on ne peut rester qu’en surface. Si ce « film de bande », pour reprendre les mots d’un réalisateur (qui au passage n’a d’ailleurs pas du bien comprendre le sens de « débat et discussion d’après film » et dont les réponses n’étaient que sur la défensive, ou l’attaque, c’est selon - la critique et les questions n’étant visiblement pas les bienvenue), si ce « film de bande » est un film politique il faudra alors bien m’expliquer en quoi…
Une « claque » ? Peut-être une des innombrables qu’on voit ces bandes de mecs s’envoyer en pleine face… « contre le racisme », quand est-il véritablement question de racisme, de discriminations et d’oppression subie ?
On y voit plutôt - pour ne pas dire seulement - des guéguerres de mecs que les concours de bites n’ont visiblement pas laissé indemnes. Œil pour œil, dent pour dent, tu me tapes je te tape. C’est ce qui est raconté dans ce film au scénario très mouvementé pour des mouvements finalement très creux. Tout est prévisible et téléphoné. Rien d’inattendu ou de surprenant. Tout y est superficiel et d’un cliché pas possible. Du Fangio coureur de jupons au héros sombre et renfermé qui deviendra un illustre badass sous le joug de la vengeance de son cousin innocent sacrifié en passant par le petit blanc un peu soumis et complexé qui n’y arrive pas avec les filles sous les remarques moqueuses du reste de la bande viriliste, matchiste, misogyne et ultra sexiste, tout y est. On voit mal aussi comment les acteurs - pourtant super pour certains - peuvent faire quelque chose du peu d’épaisseur que leur apportent les dialogues…
Entre un « vas niquer ta mère la pute » à « la gadji trop bonne que j’ai fourré sur la banquette arrière de la Peugeot à Michel » en passant par je ne sais quoi écrit je ne sais comment mais sûrement pas avec la tête.
Ici on fait feu de tous les arguments marketing actuels, qui fonctionnent, en tout cas pour aller chercher des financements visiblement, en surfant généreusement sur les sujets qui marchent mais sans jamais aller au fond des choses. Ç’aurait été très bien à la télé, sur C8 à 23:30. Mais dans un cinéma ? Vraiment ? Pitié.
Alors dans une époque où la banquise fond à vu d’œil, peut-être est-il rassurant d’en voir encore la surface, mais c’est triste et dommage de ne voir plus que ça… Peut-être même inquiétant…
Les prétendus petits-enfants de La Haine ont bel et bien tout a envier à leur aïeul.