Le mariage de Rosa, l'avant-dernier long-métrage d'Iciar Bollain, n'a pas été distribué dans les salles françaises (disponible en VOD). En sera t-il de même pour Maixabel (Les repentis) qui, contrairement à son prédécesseur, est tout sauf une comédie. Il y est question du conflit basque, peu avant que l'ETA ne dépose les armes, et de ses combattants, meurtriers de sang froid pour la cause, qui eurent, pour certains, l'occasion de rencontrer les familles de leurs victimes passées. L'histoire de Maixabel est inspirée de faits réels, ce qui donne encore davantage de poids émotionnel à un scénario qui se partage entre les regrets des uns et le chagrin des autres. Il faut une sacrée maîtrise, avec un tel sujet, pour ne pas tomber dans le piège du larmoyant, tout en rendant compte du caractère poignant de certaines scènes où les assassins confessent et cherchent le pardon dans les yeux de ceux qu'ils ont endeuillés à jamais. Le titre espagnol du film, soit le prénom de son héroïne, dont le mari a été tué des années plus tôt, est le plus explicite car il s'agit véritablement du personnage central du film, dont le courage s'exprime au moment et surtout après la tragédie qui l'a frappée. Blanca Portillo a obtenu le Goya de la meilleure actrice 2022 pour ce rôle déchirant, qu'elle interprète avec une pudeur et une lumière particulières. Elle fait face, notamment, au grand acteur espagnol Luis Tosar, lequel aurait tout autant mérité d'être récompensé. A eux deux, ils incarnent l'idée qu'une certaine forme d'apaisement est possible, même au sortir d'un drame indélébile.