C’est dans le langage de l’acte que l'adolescent en mal être exprime tout à la fois son désir de vivre autrement et sa souffrance psychique. Puisant dans son histoire personnelle, Isabelle Carré livre avec sincérité et justesse, un témoignage profond qui rappelle la nécessité que l’on reconnaisse cette souffrance, qu’on la prenne en charge. Entre perte de repères familiaux et perte de sens existentiel, le geste suicidaire témoigne d'un profond désespoir et du sentiment de se trouver dans une impasse. Poétique, sensible, sans complaisance, le film est une ode à la vie, à l'espoir, à la résilience. Une Symphonie des éclairs où l’on traverse les nuages pour trouver la lumière !
Dans son film ( transposition de son roman) , elle nous montre que soigner c’est parler, écouter, proposer autre chose. Par la médiation de l’art par exemple, où les patients peuvent retrouver leur identité, leur créativité, une première étape vers le plaisir à penser, à imaginer. Pouvoir se laisser aller à intérioriser, à plonger leur regard au-dedans, à percevoir des sensations, des émotions et les extérioriser dans les couleurs, dans les formes, dans la voix, dans le mouvement. « Mon film a pour vocation de redonner goût à la vie, si je sauve ne serait-ce que deux ou trois personnes, ce sera déjà une réussite ! souligne la réalisatrice.