Dès le premier plan du film, on sent qu'on va être sur un film qui a de la gueule et une vraie patte artistique, avec ces néons qui se reflètent sur le bitume trempé (ça fait un peu penser au début de "La Manière forte", sauf qu’ici il y a un côté tableau à l’huile psychédélique vraiment de toute beauté).
Ensuite, on a une longue séquence musicale où on enchaîne ces contrastes de couleurs et un visage dans l’ombre de plus en plus présent, qui finit par révéler le génial Willem Dafoe.
Puis s’en suit un déchaînement de violence aux antipodes du moment de joie, de liesse, de communion du concert qui se déroulait juste avant l’apparition de ce diable.
Heureusement, un ange bagarreur vient remettre de l’ordre dans tout ça.
Le film est outrancier, bruyant, s’apparente à un long clip musical. Il n’est pas toujours bien joué (Michael Paré n’a pas un charisme à toute épreuve…), ce n’est clairement pas du Shakespeare dans les dialogues et le scénario va droit au but sans chercher de profondeur ou de complexité.
On est clairement sur un scénario et des enjeux de série B dans un écrin clinquant de luxe.
Mais il y a une vraie ambiance qui fait plaisir, de beaux cadrages qui mettent en valeur de magnifiques décors dans cette ville intemporelle mélangeant années 50 et 80, eux-mêmes sublimés par un gros travail d’éclairage… bref, c’est le pied.
Walter Hill a une vraie patte et nous livre un film comic book, stylé même si limité dans le fond, je suis clairement trop généreux dans la note mais ce film le mérite pour ses décors.