Un petit divertissement gentillet et inoffensif, mais pas désagréable pour autant.
On suit l'arrivée à l'Elysée de la cuisinière privée du chef de l'Etat (à l'époque de François Mitterrand, incarné ironiquement par Jean d'Ormesson). La consensuelle Catherine Frot prête ses traits et sa faconde à cette femme du terroir, chantre de la cuisine familiale.
L'occasion de voir défiler à l'écran de beaux produits de nos régions, et des plats traditionnels à l'avenant.
Histoire de contourner l'aspect téléfilmesque de l'entreprise, le réalisateur Christian Vincent choisit une structure narrative en flashback, avec une partie du film située sur une base française en Antarctique, où s'est installée l'héroïne à son départ du "Palais".
Problème : cette partie apparaît sans intérêt, n'aboutissant qu'à une séquence embarrassante de spectacle amateur...
On regrettera que la relation entre le Président et sa cuisinière se limite à deux-trois brèves rencontres et quelques échanges insignifiants : un parti-pris sans doute proche de la réalité des faits, mais rien n'interdisait au réalisateur de broder un peu, afin de donner quelque épaisseur à son histoire et à ses personnages...
On sourira en outre devant le choix de donner le "mauvais rôle" aux gestionnaires de l'Elysée : en effet, figurez-vous que ces vilains méchants veulent réduire le train de vie des cuisines présidentielles, et limiter la gabegie sous prétexte de morale républicaine... Ces gens-là ne comprennent décidément rien aux grands de ce monde, et notre cuisinière se drapera dans sa dignité face à de telles restrictions, quittant les lieux sans hésitation...
Malgré tous ses petits défauts, j'ai suivi "Les saveurs du palais" sans déplaisir et avec un certain intérêt (surtout durant la première heure), c'est pourquoi la note restera positive - grâce notamment à une jolie brigade de seconds rôles savoureux (Hippolyte Girardot, Arthur Dupont, Jean-Marc Roulot, Brice Fournier, Hervé Pierre, Laurent Poitrenaux...).
Si vous êtes dans l'état d'esprit ad hoc, vous passerez donc un bon petit moment devant ce téléfilm de luxe, bien plus axé sur la cuisine que sur la politique.