Enfin des films à l'humour prolo de quartier fait par des prolos de quartier, sans le moralisme républicain commercial si fréquent. Les segpa 1 et 2 ainsi que leur dernier à cette date "sous écrous" est un bonheur de film léger et sans prétention, et pourtant si audacieux.
Pas de discours moralisateur bourgeois d'égalité des chances, pas de portrait caricatural des "jeunes de quartier", mais un naturel marseillaise rafraichissant qui ne cherche à rien prouver, seulement à kiffer.
Des jeux d'acteur d'un naturel bluffant, une réalisation sobre mais pas ratée. Mais le plus surprenant, c'est la modernité inédite de ces films : une inclusivité totale mais sans militantisme castrateur. Autrement dit, des films naturellement anti raciste, mais aussi et surtout anti viriliste, anti masculiniste.
L'auto dérision intelligente et subtile où toutes les séparations identitaires s'écroulent, où toutes les barrières catégorielles s'effondrent.
Homosexualité, travesti, transexuel, lascar, minet, nain, handicap, etc, tout y est mais avec la force de ne pas faire de prechage politicien. Juste normal, la vie. Avec le fond de lutte des classes latente qui demeure en fond, car ça reste notre réalité matérielle.
Mais là, voir l'absence totale de haine, pour une poilade bienveillante et piquante à la fois, c'est vraiment ce dont on a besoin dans notre contexte national et international de montée des fascismes et des haines identitaires.
Une telle scénarisation est véritablement impressionnante et on ne peut que la saluer.
Bravo.