Pourquoi le cinéma de gangsters américain a-t-il si souvent occulté les figures majeures des ghettos noirs au profit de la mafia italienne ou irlandaise ? Avec HOODLUM (1997), Bill Duke tente de redresser la barre en braquant ses projecteurs sur le Harlem des années 1930. Il met en scène le duel fratricide et sanglant entre le charismatique Bumpy Johnson et l'incontrôlable Dutch Schultz. En effet, le cinéaste refuse de livrer un simple divertissement balisé. Il emballe son récit dans une imagerie soignée où la splendeur des costumes se confronte à la violence sèche de la rue. Laurence Fishburne impose une présence royale face au cabotinage outrancier de Tim Roth, tandis que la regrettée Cicely Tyson apporte une dignité bouleversante. Bien que le long-métrage s'impose comme une fresque politique incontournable sur l'émancipation économique, l'envers du décor recèle des failles surprenantes. Derrière l'esthétique léchée du projet se cachent d'importantes zones d'ombre, notamment de lourds sacrifices historiques et des choix de montage chaotiques qui ont profondément impacté le rythme final en coulisses.
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