Les Sentiers de la gloire
Kubrick signe avec les Sentiers de la gloire, le premier de ses trois films sur la guerre. Trois films, trois époques différentes. Si Dr. Folamour et Full Metal Jacket traiteront plus tard de la guerre froide et du Vietnam, celui-ci nous transporte au sein d'une division de l'armée française pendant la guerre 14-18. Ce régiment, à qui on a confié la mission impossible de prendre d'assaut une position allemande refuse de s'exécuter et provoque la colère de son général. De rage, ce dernier décide de convoquer une cour martiale et nomme des responsables au hasard.
A travers les sentiers de la gloire, Stanley Kubrick dresse un portrait virulent de l'armée et en particulier des ses dirigeants. Avides de gloire et d'honneurs militaires, et ne voulant pas salir leur réputation ces officiers ne vont pas hésiter à fusiller trois soldats innocents, pour l'exemple. Et pourtant, ce sont eux les responsables, eux qui disposent de leurs soldats comme de pions sur un échiquier et qui, dans le même temps, festoient bien à l'abri derrière les lignes de combat.
Ce premier grand film de Kubrick n'est pas aussi teinté de pessimisme comme le seront les suivants. Et si la scène finale montre bien que la guerre fait surgir le pire de chacun des hommes, elle se termine sur une note d'espoir avec l'image de ces soldats en larmes, écoutant une prisonnière allemande chanter.