Le film d'horreur 70s à composante psychologique mobilise généralement un cahier des charges ultra formaté, avec les particularités du cinéma britannique, et souvent je trouve qu'on peut remonter au fondateur "The Innocents" de Jack Clayton de 1961. Aussi dans ce film réalisé en Angleterre par le cinéaste espagnol José Ramón Larraz, qui d'ailleurs avait été considéré comme perdu pendant des dizaines d'années avant qu'un négatif ne soit retrouvé en 2014, on peut anticiper assez facilement la tournure des événements. Disons que les multiples indices sont montrés, répétés, et encore un peu plus, quand bien même on ne serait pas tout à fait sûr du chemin emprunté dans les premières séquences — un scénario de maison hantée par exemple.
En revanche, l'atmosphère simili gothique qui règne dans cette fiction est vraiment réussie, avec de nombreux ingrédients complémentaires. Un vieux manoir isolé de la campagne anglaise, de vieux intérieurs remplis de bibelots de grands-parents, les paysages brumeux environnants avec ses marécages, et plus généralement cette ambiance automnale qui amène son mystère. Et puis il y a Angela Pleasence, la fille de Donald, qui fait rayonner sur le film un voile glacial. Sa silhouette fine, son teint pâle, son visage atypique : un personnage parfait pour porter un climat mortifère et inquiétant. Il est vrai que le récit rame un peu par moments, avec quelques suggestions en termes de frustration sexuelle un peu grossières. Mais il y a suffisamment de singularités pour rendre le voyage intéressant.