Une comédie plutôt réussie mais inégale qui marqua la consécration de la carrière des Inconnus sur le grand écran. Je ne m’attarderai pas sur les scènes hilarantes et parfois un peu tarte-à-la-crème déjà maintes fois commentées, mais je me contenterai de scinder ce long-métrage en deux parties :
La première, la plus aboutie, pose nos trois personnages dans le décor de leurs vies quotidiennes jusqu’à la survenance d’une série de clashs qui marquera la charnière du récit. C’est une succession intéressante de scènes où les Inconnus, incarnant d’extravagants quidams, égratignent et transgressent les conventions sociales avec audace, et où l’on voit également défiler d’excellents seconds rôles.
Didier Bourdon, en épicurien dilettante, Bernard Campan en marginal vivant de petites combines, et Pascal Légitimus campé en arriviste hypocrite et auto-satisfait, forment une trinité parfaite d’exemplaires de la société de cette époque, avec un trait forcé à dessein.
J’ai trouvé la seconde partie plus erratique et beaucoup moins captivante, comme si le récit partait en roue libre, avec de temps en temps des petites touches d’angélisme et un manichéisme un peu trop prononcé.
Par exemple : la scène plutôt niaise et convenue de la gentille maman esseulée qui offre refuge à nos trois fugitifs.
Cela dit, Les Trois Frères reste un délassement appréciable et rafraîchissant qui vaut le détour.