Le film d'Henry Hathaway est un des glorieux ancêtres du film d'aventures et, disons-le, il a pris un bon coup de vieux. C'est sa candeur et ses clichés qui le caractérisent le mieux aujourd'hui.
Les trois lanciers du Bengale sont des personnages sans grande épaisseur confrontés aux aléas courants de la vie militaire puis, dans la dernière partie du film, engagés dans une petite guéguerre contre un chef indien indépendantiste. L'action donne alors un coup de tonus bienvenu à un film bavard et digressif, incapable de construire une intrigue pérenne et d'envergure. Le scénario s'éparpille dans des scènes anecdotiques où les trois officiers de l'armée anglaise font un peu de maintien de l'ordre, de la représentation protocolaire auprès de chefs indigènes et discourent sur les contraintes de la discipline militaire. Les premières séquences en décors naturels n'augurent pas de la suite, confinée souvent dans des scènes d'intérieur.
Enfin, l'exotisme indien, ses costumes et traditions, n'est qu'un paysage de pacotille totalement dépourvu d'authenticité et d'attention pour les autochtones. Humour terne et sentiments élémentaires, pauvreté dramatique et action sans éclat, telle est, à la revoir 70 ans plus tard, l'œuvre surévaluée d'Hathaway.