Trois jeunes soeurs vivent dans les montagnes de la province du Yunnan. Livrées à elles-mêmes, c’est la soeur aînée qui gère tout, le père, contraint d’aller à la ville pour trouver du travail et la mère étant partie depuis bien longtemps (suite à de gros problèmes relationnels avec la famille de son mari, furieuse de ne pas avoir d’héritier mâle).
C’est à 3200m d’altitude que Wang Bing a posé sa caméra, dans un petit village reculé en haute montagne, isolé de tout et surtout, dans une extrême précarité. On y retrouve Ying (10 ans), Zhen (6 ans) et Fen (4 ans), qui travaillent, aident à la maison et ont un semblant d’éducation scolaire.
Pendant 2h30, le cinéaste nous fait découvrir le quotidien de ces jeunes filles, à savoir une vie de misère, une vie de forçat. La rudesse d’une nature hostile, doublé d’un très beau portrait sur cette jeunesse paysanne, fait de patience et de dur labeur, mais sans jamais le moindre misérabilisme. D’ailleurs, dans le même registre, impossible de ne pas faire de parallèle avec L'Homme sans nom (2009) 无名者 qui mettait déjà en lumière l’extrême pauvreté d’une Chine invisibilisée.
A noter enfin qu’il existe une version tronquée, diffusée sur ARTE et d’une durée de 72min (sous le titre "Seules dans les montagnes du Yunnan"), contre 153min pour la version exploitée en salles.
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