De Tourcoing à Narbonne, le road-movie franchouillard de Bernard Nauer entraine un paumé agressif et un VRP, timide escroc, dans des aventures vulgaires.
Types médiocres, Patrick et Nathaniel rencontrent invariablement des personnages stupides ou méchants. L'esprit beauf qui donne le ton de la comédie est complaisant et laisse très peu de place à l'étude de caractères. Les hommes sont brutaux, les femmes sont lubriques, et c'est tout ce qu'il y a à retenir de cette galerie de portraits où l'on sent du mépris, une méchanceté que le réalisateur serait bien en mal de justifier tant ses personnages sont insignifiants.
Que recherchent Jean Reno et Christian Charmetant dans leur fuite en avant? Peu importe puisque les deux rôles sont superficiels et que leur solitude et leur malaise partagés sont entachés de lieux communs. Certes, les deux acteurs sont sympathiques, et on peut par instants s'amuser de leurs pérégrinations, mais ils composent des figures populacières confinées dans des situations grotesques et dans des plaisanteries triviales. La mise en scène se borne à une succession de péripéties qui ne raviront probablement que les beaufs eux-mêmes.